Carrière de magistrat : ce qui va changer selon le projet de loi organique

Carrière de magistrat : ce qui va changer selon le projet de loi organique

 Délai raisonnable, retraite, sanctions disciplinaires… un projet de loi organique entend introduire d’importants changements dans la gestion des carrières des magistrats. Tour d’horizon.

Adopté en Conseil des ministres, un texte modifiant la loi organique portant statut des magistrats va bientôt entamer son parcours au Parlement. Ces dispositions agissent essentiellement sur les carrières au sein de la magistrature, un corps érigé depuis 2011 en pouvoir indépendant.

Médias24 a consulté le projet et vous en livre les principaux apports.

Respect du délai raisonnable : le CSPJ établira des « délais indicatifs » par nature de dossier 

C’est l’une des mesures phares du projet de refonte. Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) pourra bientôt fixer des « délais indicatifs » pour le traitement des dossiers judiciaires. Cette mesure vise à remédier aux lenteurs à ce niveau.

Ces délais « indicatifs » seront établis selon la nature du dossier (civil, commercial, immobilier, etc.). Il ne concerneront que les cas pour lesquels le législateur n’a pas prévu de délais fixes.

De là, une nuance est à faire : cette règle sera utilisée essentiellement pour l’évaluation des performances des magistrats. De sorte qu’un dépassement du délai n’influera pas sur l’action judiciaire en elle-même ou sur les droits des parties.

Casser le plafond de verre

Sous le régime actuel, le grade exceptionnel constitue le plafond en termes de carrière d’un magistrat. Or, cette limite est atteignable au bout de vingt ans de service.

La seule dérogation concerne le Premier président et le procureur général près la Cour de cassation, élevés au rang « hors grade ».

La moyenne d’âge pour l’accès à la magistrature est de 25 ans, ce qui signifie que la majeure partie des magistrats atteignent le grade exceptionnel à 45 ans.

Pour le reste des magistrats, le projet de loi propose ainsi d’introduire un nouveau grade, dit grade principal, qui sera supérieur au grade exceptionnel.

Des magistrats en poste à l’âge de 75 ans

Aujourd’hui, l’âge de la retraite des magistrats est fixé à 65 ans. Cette limite d’âge peut être prorogée pour une période maximale d’une année renouvelable quatre fois, soit la possibilité pour un magistrat de siéger jusqu’à ses 70 ans.

Le projet propose de fixer cette limite à 75 ans, avec des prorogations maximales de deux ans renouvelables.

Cette mesure permettrait de court-circuiter les départs massifs de magistrats ayant atteint la limite de 70 ans, notamment au sein de la Cour de cassation.

Sanctions disciplinaires : réhabilitation rime avec remise en question

Un magistrat qui subit une sanction disciplinaire peut, à l’expiration de certains délais, demander une réhabilitation.

Cette demande est valable après trois ans pour les sanctions de premier degré (blâme, avertissement, retard d’avancement, etc.), et après cinq ans pour les sanctions de deuxième degré (exclusion temporaire, rétrogradation, etc.).

Le projet de refonte pointe le fait que cette disposition rende obligatoire la réhabilitation à l’expiration des délais concernés. Ses auteurs voudraient y remédier en entourant ce mécanisme de conditions plus objectives.

Pour être réhabilité, l’intéressé ne doit pas commettre une nouvelle infraction professionnelle durant la période concernée. Aussi, les procédures d’évaluation doivent indiquer, chez le magistrat, une amélioration du comportement et du rendement.

L’accès à la magistrature pour les fonctionnaires du CSPJ

Le projet de loi s’intéresse aux conditions d’accès à la magistrature par les fonctionnaires du CSPJ. Cette catégorie de candidats sera dispensée du concours sous réserve de certaines conditions. Le candidat doit appartenir au moins au grade classé à l’échelle n°11, et justifier d’au moins dix années de service public effectif dans le domaine des affaires juridiques.

Cette dispense ne bénéficie qu’aux prétendants âgés de 55 ans au maximum (au moment de soumettre la demande) et titulaires d’un doctorat en droit, en Charia ou d’un diplôme reconnu équivalent.

Administration judiciaire, qui se chargera de la formation des responsables

L’administration judiciaire concerne précisément les responsables judiciaires (premiers présidents des cours d’appel, président des tribunaux, procureurs généraux, etc.).

Ces derniers bénéficieront de formations en la matière. La refonte identifie précisément les organes chargés de piloter ces programmes. Il s’agit du CSPJ, du ministère de la Justice et de la présidence du ministère public.

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Après l’appel du Roi, l’arbitrage prendra-t-il enfin son envol au Maroc ?

Le Roi appelle à rendre “effective” la mise en œuvre des modes alternatifs de règlement des litiges, une question qu’il lie au développement de l’investissement au Maroc. Sollicités par Médias24, des praticiens analysent les raisons et le contexte de cette sortie royale, qui n’est pas la première en la matière.

  • Le Roi insiste sur l’arbitrage et la médiation conventionnelle.
  • Incité par le discours officiel, le développement de ces procédés bute sur la réalité judiciaire.
  • Le témoignage édifiant de trois experts.

« Renforcer la confiance » des investisseurs par « la mise en œuvre effective des mécanismes de médiation et d’arbitrage ». La sphère juridique n’a pas raté ce passage du dernier discours royal, prononcé le 14 octobre en ouverture de l’année législative.

Le Souverain se penche une nouvelle fois sur la question des modes alternatifs de règlement des litiges, le pendant et le complément « privé » de la Justice étatique. Le lien est établi entre la promotion de l’investissement, priorité de l’exercice en cours (avec l’eau), et le développement de ce domaine qui tarde à prendre son envol au Maroc.

En 2009 déjà (56e anniversaire de la Révolution du Roi et du peuple), le Souverain soulignait « l’importance de développer » les mêmes mécanismes. Des directives réitérées dix ans plus tard à l’occasion de la Conférence internationale de la justice, tenue en 2019 à Marrakech.

Deux faits majeurs viennent imprégner la nouvelle directive :

– D’abord, l’entrée en vigueur, en juin dernier, du Code de l’arbitrage et de la médiation conventionnelle.

– Ensuite, l’arrêt de la Cour de cassation marocaine sur le conflit Five FCB/Ynna Holding, dossier emblématique en matière d’arbitrage international.

Si, cette fois-ci, le Roi parle de « mise en œuvre effective », c’est que malgré ses précédents appels, l’arbitrage, la médiation ou encore la conciliation peinent à s’installer comme réflexe dans une société de plus en plus contentieuse.

Abordé par le prisme de l’arbitrage international, le problème prend toute son ampleur. Portés sur ces mécanismes censés offrir célérité et moindre coût, des investisseurs se heurtent au fait lorsqu’il est question d’exécuter, ici au Maroc, des sentences arbitrales rendues à l’étranger.

Médias24 a sollicité le témoignage de trois praticiens. Me Ahmed Hussein, Me Kawtar Jalal et Me Mahmoud Hassen nous disent en quoi les modes alternatifs de règlement des litiges sont consubstantiels à la question de l’investissement. Et le chemin qui reste à parcourir pour leur développement au Royaume.

 

 

 

              Me Ahmed Hussein, avocat au barreau de Casablanca et arbitre auprès de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle

  On connaît encore aujourd’hui certaines dérives sur le coût des procédures, le non-respect de la confidentialité, la négligence du respect de la protection du consommateur

« L’évocation des modes alternatifs de règlement des litiges (MARL) dans le discours Royal vient confirmer deux nécessités, premièrement celle de poursuivre l’amélioration du système judiciaire et extrajudiciaire, notamment par son désengorgement et son efficacité, et surtout de renforcer la confiance du justiciable local ou étranger en ce système.

« Ceci étant dit, la mise en place des moyens pour acter cette politique judiciaire se heurte à une réalité et à un ressenti bien ancré, à savoir le manque de confiance dans les Institutions et les Hommes qui sont chargés de sa réalisation.

« Dans la même continuité, au-delà de la sensibilisation du public, demeure un manque en formation et de compréhension parfois des acteurs des MARL, qui autant dans l’offre que dans la reconnaissance sont encore insuffisants sur des évidences comme les règles d’indépendance et d’impartialité.

« Cependant, on a vu ces dernières années des initiatives concrètes voir le jour, par exemple la promotion des MARL dans le domaine de la propriété industrielle par l’OMPIC, la médiation au sein de la CFCIM et de la CCIS qui ont permis de préparer ce vaste chantier.

« Enfin, avec les réformes récentes et à venir, il faudra être attentif sur les difficultés majeures que connaissent les MARL sur la reconnaissance et l’exequatur des sentences arbitrales étrangères, et éviter les garde-fous parfois légitimes au vu de la nécessité de souveraineté nationale, mais qui entachent la souplesse et l’équité.

« On connaît encore aujourd’hui certaines dérives sur le coût des procédures, le non-respect de la confidentialité, la négligence du respect de la protection du consommateur et de la partie « faible » à lui imposer par exemple un arbitrage, comme on peut le voir en matière de contrats d’assurances ou dans la résolution des conflits du travail.

« Le gage de réussite passera par la rapidité des procédures, la mise en place d’un contrôle juridictionnel fiable et en phase dans sa structuration. »

 

 

                   

 

            Me Kawtar Jalal, avocate au barreau de Casablanca

 Il est inconcevable que l’on soit devant la justice pendant dix ans pour exécuter une sentence arbitrale étrangère

« L’appel à la promotion des modes alternatifs de règlement des différends, notamment l’arbitrage, n’est pas anodin, car l’arbitrage est censé stimuler l’activité économique par l’investissement.

« Un potentiel investisseur sur le marché marocain s’enquerra, en premier, de la réglementation et de la pratique des tribunaux en matière de réception des sentences arbitrales internationales. C’est pourquoi je dis toujours que le principe de sécurité juridique est un principe garant pour l’investisseur, le confortant ainsi dans sa décision d’investir au Maroc.

« Aujourd’hui, le constat est le suivant : les sentences arbitrales rendues en arbitrage international ne sont pas toujours favorablement accueillies par les juridictions marocaines, sans parler de la lenteur du traitement. Pour exécuter une sentence arbitrale internationale, il faut passer par le tamis de la procédure d’exequatur, car l’arbitre a un pouvoir juridictionnel pour trancher mais ne dispose pas de l’imperium pour ordonner l’exécution.

« Aussi, les voies de recours dilatoires qui parfois aboutissent, pour diverses raisons, peuvent affaiblir la pratique de l’arbitrage et donc peuvent dissuader les investisseurs à venir s’installer au Maroc.

« Un exemple simple mais révélateur : une décision de cassation en date du 3 octobre 2022 pour une demande d’exequatur initiée en 2011 devant le président du tribunal de commerce de Casablanca. Je ne discute pas la motivation et ne prends pas de position sur l’issue du dossier. Mais il est inconcevable que l’on soit devant la justice pendant dix ans pour exécuter une sentence arbitrale étrangère.

« Il existe d’autres contentieux en matière d’arbitrage international dont l’exécution a connu plusieurs péripéties, et où l’ordonnance d’exequatur accordée par le président du tribunal de commerce de Casablanca a été annulée en appel.

« Il serait judicieux de sensibiliser et de former les juges sur la pratique de l’arbitrage international et sa spécificité d’une part, et combattre la formation des recours abusifs et dilatoires dans le but de mettre fin, voire diminuer les recours ayant pour objectif de retarder l’exécution des sentences arbitrales, en faisant notamment jouer la théorie de l’abus de droit, et condamner les initiateurs des procédures dilatoires à des amendes et des dommages et intérêts. »

 

 

 

 

Me Mahmoud Hassen, avocat aux barreaux de Paris et de Tunis

 Il ne suffit pas de légiférer pour gagner le pari de la modernité et de la crédibilité des modes alternatifs de règlement des litiges

« Cet appel de Sa Majesté le Roi Mohammed VI succède à ses Hautes directives adressées à la Conférence de Marrakech consacrée à l’investissement (2019), et intervient à la suite de la promulgation du nouveau Code de l’arbitrage .

« Le message royal est clair : avec un nouveau code qui permet la réhabilitation de l’arbitrage, tous les acteurs concernés, économiques et judiciaires, sont appelés à œuvrer à consolider l’autonomie de l’arbitrage voulu par le législateur comme mode alternatif de résolution des différends, dans la transparence et le sens de la responsabilité.

« Avec un nouveau code qui tient compte des conventions internationales sur l’arbitrage ratifiées par le Royaume et de la jurisprudence comparée, sa mise en œuvre, par les institutions concernées, devrait contribuer à permettre au Maroc d’occuper la place qu’il mérite comme plate-forme régionale de l’arbitrage international, notamment sur le continent africain et dans le monde arabe.

« L’arbitrage est certes un outil d’attractivité pour l’investissement. Il permet le choix des arbitres à désigner par les parties, en raison de leur compétence et de leur crédibilité. Le recours à l’arbitrage permet une solution rapide des litiges et d’éviter la lenteur et les aléas d’un procès judiciaire.

« Ces considérations sont de nature à encourager les investisseurs à choisir le Maroc pour y investir davantage, et à choisir sa législation et ses institutions arbitrales, en cas de besoin, en se sentant rassurés.
Ainsi, encourager l’arbitrage et en réhabiliter la pratique est un vecteur essentiel pour le développement de ce mode de règlement des litiges.

« Au Maroc, l’arbitrage est appelé à relever le défi de la crédibilité, de la compétence et de la transparence. C’est ainsi que l’arbitrage pourrait concrétiser son autonomie recherchée par le législateur.

« La justice est appelée à accompagner l’arbitrage, tout en respectant son autonomie et en tenant compte des nouvelles approches propres à ce domaine spécifique, qui dérogent aux principes classiques du droit civil.

« La jurisprudence de la Haute cour marocaine est à la recherche d’une approche homogène, constructive et moderniste.

« A titre d’exemple, après avoir rappelé la primauté du règlement d’arbitrage d’une institution internationale choisie par les parties sur les dispositions du droit marocain (Cass com 1ère sect, arrêt n 308/1 du 19/05/2023), la Cour de cassation statuant en toutes chambres réunies vient, le 3 octobre 2022, de censurer un arrêt d’appel qui a étendu – comme l’a fait une jurisprudence comparée dans plusieurs pays – une clause compromissoire signée par une filiale à la société mère, au motif que celle-ci était la véritable contrainte. Une telle décision préoccupe les investisseurs nationaux et étrangers.

« La réhabilitation de l’arbitrage requiert de repenser la qualité de la formation des acteurs de l’arbitrage et des institutions judiciaires chargées de son accompagnement.

« Il ne suffit pas de légiférer pour gagner le pari de la modernité et de la crédibilité des modes alternatifs de règlement des litiges. »

 

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Charte de l’investissement: le projet de loi cadre 03-22 adopté par la 1e chambre

Quelque 204 députés manquaient à l’appel ce matin pour le vote de l’un des textes de loi les plus déterminants pour le développement économique du pays : la Charte d’investissement. Et dire que la session parlementaire d’automne est à ses débuts surtout face aux défis qui se posent dans la conjoncture actuelle…

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Code du travail: Sekkouri expose les conditions d’une réforme réussie

Le gouvernement a balisé la voie devant la réforme du Code du travail. C’est ce qu’a assuré le ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Younes Sekkouri, ce lundi au parlement.Le ministre qui répondait à une question orale relative à l’actualisation du cadre juridique de l’emploi, posée par le groupe haraki à la Chambre des représentants, a indiqué que l’Exécutif a assuré un « environnement de confiance » pour permettre un traitement global du Code du travail d’ici juillet 2023.

Dans ce sens, il a été parvenu à un accord avec les syndicats, a ajouté Sekkouri, soulignant que le gouvernement fait un « travail sérieux » pour atteindre cet objectif. Il s’agit d’une question complexe qui pose des problèmes de mise en œuvre, a-t-il estimé, ajoutant que les gouvernements successifs n’ont pas réussi à la résoudre.

« Une réforme réelle, sereine et efficace du Code du travail passe d’abord par la préparation d’un cadre consensuel avec les syndicats et le patronat » qui font face à divers problèmes, notamment ceux liés au travail saisonnier dans plusieurs secteurs, dont celui agricole, aux conditions d’emploi et de fin de service, ainsi qu’aux enjeux liés au travail à distance, a poursuivi le ministre.

 

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Actualisation du Code du travail: les précisions du gouvernement

Le gouvernement a assuré un « environnement de confiance » pour permettre un traitement global du Code du travail d’ici juillet 2023, a indiqué lundi le ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Younes Sekkouri.

Sekkouri, qui répondait à une question orale relative à l’actualisation du cadre juridique de l’emploi, posée par le groupe haraki à la Chambre des représentants, a fait savoir qu’il a été parvenu à un accord avec les syndicats à cet égard, soulignant que le gouvernement fait un « travail sérieux » pour atteindre cet objectif.

Il s’agit d’une question complexe qui pose des problèmes de mise en œuvre, a-t-il estimé, ajoutant que les gouvernements successifs n’ont pas réussi à la résoudre.

« Une réforme réelle, sereine et efficace du Code du travail passe d’abord par la préparation d’un cadre consensuel avec les syndicats et le patronat » qui font face à divers problèmes, notamment ceux liés au travail saisonnier dans plusieurs secteurs, dont celui agricole, aux conditions d’emploi et de fin de service, ainsi qu’aux enjeux liés au travail à distance, a poursuivi le ministre.

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Parlement : les enjeux de la nouvelle année législative

Loi de finances, concurrence, exception d’inconstitutionnalité, droit de grève… Entre les dossiers à ouvrir ou à déterrer, et ceux qui attendent d’être finalisés, l’année législative s’annonce consistante pour nos parlementaires.

L’année législative 2022-2023 démarre ce vendredi 14 octobre. Elle sera lancée par le traditionnel discours du Souverain, qui aura lieu devant les membres réunis des deux chambres parlementaires.

Sur le papier, l’exercice s’annonce consistant. Pourvu que suive le rendement qui n’était pas au rendez-vous l’année précédente, la première après les législatives de 2021.

>> Priorité au projet de loi de finances 2023

La session d’octobre sera, comme à l’accoutumée, celle du projet de loi de finances. Le texte a fait l’objet d’une réunion du Conseil de gouvernement, tenue le 12 octobre, préalable à son examen en Conseil des ministres. Il sera transmis, au plus tard, le 20 octobre au Parlement, où il risque d’accaparer une bonne partie du temps législatif.

L’examen du PLF 2023 survient dans une conjoncture particulièrement difficile, où se superposent contraintes mondiales et locales (sécheresse en 2022, inflation, guerre russo-ukrainienne, crise sanitaire, etc.).

Le gouvernement promet une loi de finances à vocation sociale (généralisation des allocations familiales, réforme des retraites, réhabilitation du secteur de la santé, réforme de l’éducation, etc.).

L’autre axe d’intervention concerne la relance économique à travers le soutien à l’investissement, point que l’on retrouve également dans le projet de charte dédié, texte également attendu pour cet exercice législatif.

Dans les faits, l’opinion est en attente de mesures fortes en soutien au pouvoir d’achat, érodé par la pression inflationniste galopante. L’Exécutif est notamment attendu sur la révision de l’IR.

>> Refonte du droit de la concurrence : les attentes des praticiens ne sont pas celles du grand public

Cette refonte est consignée dans deux projets de textes. Le premier agit sur la loi 104-12, relative à la liberté des prix et de la concurrence. Le deuxième s’intéresse au volet institutionnel (loi 20-13), en introduisant des modifications sur le fonctionnement et les prérogatives du Conseil de la concurrence.

Adoptés par les représentants, les deux textes ont été transmis le 27 juillet à la deuxième chambre. Leur examen sera bientôt entamé par la commission des finances.

Technique, le contenu des deux textes suscite naturellement les attentes des opérateurs économiques et des praticiens du droit de la concurrence. Le grand public, lui, s’intéresse davantage aux évènements qui devraient suivre leur entrée en vigueur.

Cette échéance est, en effet, censée marquer le déblocage du fameux dossier des ententes sur le marché des carburants. Président du Conseil de la concurrence, Ahmed Rahhou estime que cette affaire doit être relancée “proprement”, c’est-à-dire à l’aune des dispositions contenues dans la refonte.

>> Exception d’inconstitutionnalité, dernière ligne droite

Exception d’inconstitutionnalité : derrière ce terme barbare, un mécanisme inédit au Maroc, puisqu’il permettra à un simple justiciable de provoquer l’abrogation d’une loi.

L’application de cet outil dépend de l’adoption d’une loi organique. Cité dans la Constitution de 2011, le texte a subi un parcours chaotique, marqué notamment par une censure partielle à la Cour constitutionnelle. Il a été remodelé et soumis une deuxième fois au Parlement, où il vient d’entamer sa dernière ligne droite.

Depuis le 29 juillet, il est entre les mains de la Commission de justice (Chambre des représentants) qui s’apprête à l’examiner en deuxième lecture.

>> Loi organique sur la grève, un déblocage en 2023 ?

Là aussi, il est question d’une loi organique initiée sous la Constitution de 2011. Deux législatures successives n’auront pas suffi pour aboutir à une adoption définitive, confortant ce dossier dans sa réputation de serpent de mer.

Déposé en 2016, un projet de texte a végété quatre ans au Parlement avant son retrait, courant 2020, par le gouvernement El Otmani.

Une nouvelle mouture est attendue pour janvier 2023, annonce-t-on du coté du gouvernement actuel.

>> Loi sur la profession d’avocats : les promesses de Ouahbi, la résistance des robes noires

La modification de la loi régissant la profession d’avocat n’a pas encore atterri au Parlement. Ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi espère l’adoption d’un avant-projet de loi d’ici fin 2022 (Conseil de gouvernement).

Une volonté qui se heurte, pour l’heure, à la résistance des robes noires qui ont exprimé leur insatisfaction vis-à-vis des versions proposées par le ministère.

>> La loi-cadre sur la santé, premiers pas au Parlement

Le texte a été transmis fin juillet par la Chambre des conseillers, après son adoption en Conseil des ministres. Récemment validé en commission, il attend l’ouverture de la session d’octobre pour un vote en plénière.

Le texte tend à revaloriser les ressources humaines dans le domaine de la santé, à institutionnaliser l’obligation du respect du circuit des soins, à mettre à niveau les infrastructures sanitaires et à mettre en place un système d’accréditation des établissements de santé.

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Liquidation des EEP: vivement le dispositif prévu par la loi-cadre 50-21

A fin 2021, le portefeuille des EEP en liquidation est composé de 76 entités (13 établissements publics, 14 sociétés d’État, 24 filiales publiques et 25 sociétés mixtes), selon le rapport publié par la DEPP. Le processus est très lent relève-t-on, en attendant la mise en place du nouveau dispositif prévu dans la loi-cadre 50-21, relative à la réforme des EEP…

 

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Le Conseil de gouvernement approuve un projet de décret déterminant l’organisation du ministère de la justice

Le Conseil de gouvernement, réuni jeudi sous la présidence du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a adopté le projet de décret n°2.22.400 déterminant les attributions et l’organisation du ministère de la Justice.

Présenté par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, ce projet de décret vient accompagner les importantes mutations du système judiciaire opérées depuis la promulgation de la Constitution de 2011, qui a permis au pouvoir judiciaire d’être indépendant des pouvoirs législatif et exécutif, et affirmé que chaque pouvoir doit être investi pleinement de ses responsabilités dans le cadre de la séparation, de l’indépendance, de l’équilibre et de la coopération entre les pouvoirs, a indiqué le ministre délégué chargé des relations avec le parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas.

Ce projet s’inscrit également dans le cadre de la révision des attributions et de l’organisation du ministère de la Justice afin qu’il remplit les rôles et les missions qui lui sont assignés, a ajouté le ministre.

Et de préciser que ce texte vise à permettre au ministère d’exercer nombre de prérogatives dans plusieurs domaines, notamment en ce qui concerne l’élaboration des stratégies et des programmes de réformes dans le domaine de la justice, la contribution à la mise en place des orientations et des principes généraux de la politique pénale, la mise sur pied et l’exécution de la stratégie du ministère de la justice pour la promotion des conditions de la femme, de l’enfant et des catégories aux besoins spécifiques, et la facilitation de leur accès à la justice outre la stratégie de la transformation numérique du système judiciaire et la garantie de sa mise en œuvre.

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Le gouvernement approuve un projet de décret déterminant les attributions et l’organisation du ministère de la Justice

Le Conseil de gouvernement, réuni jeudi sous la présidence du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a adopté le projet de décret n°2.22.400 déterminant les attributions et l’organisation du ministère de la Justice.

Présenté par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, ce projet de décret vient accompagner les importantes mutations du système judiciaire opérées depuis la promulgation de la Constitution de 2011, qui a permis au pouvoir judiciaire d’être indépendant des pouvoirs législatif et exécutif, et affirmé que chaque pouvoir doit être investi pleinement de ses responsabilités dans le cadre de la séparation, de l’indépendance, de l’équilibre et de la coopération entre les pouvoirs, a indiqué le ministre délégué chargé des relations avec le parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas. Ce projet s’inscrit également dans le cadre de la révision des attributions et de l’organisation du ministère de la Justice afin qu’il remplit les rôles et les missions qui lui sont assignés, a ajouté le ministre.

Et de préciser que ce texte vise à permettre au ministère d’exercer nombre de prérogatives dans plusieurs domaines, notamment en ce qui concerne l’élaboration des stratégies et des programmes de réformes dans le domaine de la justice, la contribution à la mise en place des orientations et des principes généraux de la politique pénale, la mise sur pied et l’exécution de la stratégie du ministère de la justice pour la promotion des conditions de la femme, de l’enfant et des catégories aux besoins spécifiques, et la facilitation de leur accès à la justice outre la stratégie de la transformation numérique du système judiciaire et la garantie de sa mise en œuvre.

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Délais de paiement : le conseil de gouvernement adopte un projet de loi sur le code de commerce

Le Conseil de gouvernement, réuni jeudi à Rabat sous la présidence du Chef de gouvernement Aziz Akhannouch, a adopté un projet de loi n°69.21 modifiant la loi n°15.95 formant Code de commerce, édictant des dispositions transitoires relatives aux délais de paiement.

Ce projet de loi, présenté par le ministre de l’Industrie et du Commerce Ryad Mezzour, intervient en exécution des Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui a mis l’accent, dans le discours royal à l’occasion du 65ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, sur la problématique des délais de paiement qui entrave le fonctionnement normal des entreprises, a fait savoir le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, lors d’un point de presse tenu à l’issue du Conseil.

Ledit projet, a-t-il poursuivi, s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par l’exécutif pour traiter le retard de paiement afin de réaliser la relance de l’économie nationale et améliorer le climat des affaires.

Ce projet de loi a pour objectif de remédier aux lacunes et obstacles qui entravent le respect des délais de paiement, puisqu’il prévoit des dispositions fixant le délai de paiement des créances sur les opérations à 60 jours dans le cas où les parties concernées n’ont pas convenu un délai. Il ne doit pas dépasser 120 jours lorsque les parties concernées fixe un délai contractuel et ce, à compter de la date d’émission de la facture.

  • Selon le ministre, ce projet comprend des dispositions légales édictant un système de déclaration périodique auprès de l’Administration, par voie électronique, relatif aux factures impayées dans les délais, celles payées totalement ou partiellement hors les délais, en plus des factures impayées et faisant objet de litige devant le tribunal, avec l’identification des personnes concernées par cette déclaration et l’octroi à l’Administration d’un contrôle de crédibilité des déclarations et la détermination des procédures de ce contrôle.

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