Adoption d’un projet de décret relatif à la région minière de Tafilalet et Figuig

Adoption d’un projet de décret relatif à la région minière de Tafilalet et Figuig

Le Conseil de gouvernement, réuni jeudi par visioconférence sous la présidence du Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, a adopté le projet de décret n° 2.18.442 portant application de la loi n° 74.15 relative à la région minière de Tafilalet et Figuig. Ce décret, présenté par le ministre de l’Énergie, des mines et de l’environnement, s’inscrit dans le cadre de la restructuration de l’activité minière artisanale, a indiqué, dans un communiqué lu à l’issue du Conseil, le ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, porte-parole du gouvernement, Saaïd Amzazi.

Le texte porte aussi sur la mise en place des mécanismes juridiques permettant d’améliorer les performances du secteur minier et d’assurer l’attractivité des investissements nationaux et étrangers, en particulier en cette conjoncture, tout en faisant de ce secteur un pilier essentiel de développement dans cette région riche en ressources minières prometteuses, dont la majeure partie n’a pas encore fait l’objet de prospection, a-t-il ajouté.

Le ministre a expliqué que le projet de décret porte sur les modalités de découpage en zones de la région minière de Tafilalet et Figuig définies dans l’article premier du dahir n° 1.60.019 du 1er décembre 1960, tel qu’il a été modifié et complété. Il s’agit également d’ouvrir la région minière de Tafilalat et Figuig aux investisseurs dans un cadre garantissant la transparence et la concurrence, tout en mettant en place des mécanismes de gestion des relations entre les entreprises et les artisans mineurs, afin de préserver les droits de ces derniers. Le projet de décret vise aussi à définir les modalités d’attribution, de réattribution et de prorogation des permis de recherche dans cette région, a-t-on précisé.

De même, ce projet de décret vise à conclure un accord de partenariat tripartite entre le soumissionnaire retenu, l’administration et les artisans mineurs lorsqu’il s’agit d’un environnement comprenant une activité minière artisanale, et entre le soumissionnaire retenu et l’administration lorsque l’environnement n’est pas concerné par ce genre d’activité. Le ministre a précisé qu’en vertu de cet accord, et sur la base du calcul joint à ce décret, chaque artisan mineur concerné par la partie faisant l’objet d’une concurrence bénéfificiera du droit d’accès et des redevances.

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Entreprises en difficulté : La vague arrive!

Le monde judiciaire est en pleine ébullition! Après environ trois mois d’inactivité suite à la déclaration de l’état d’urgence sanitaire, les juridictions vont être prises d’assaut dès la fin de confinement prévu pour le 10 juin (Cf. L’Economiste n°5770 du 28 mai 2020).

Les praticiens s’attendent à un autre scénario critique. Avocat d’affaires à Casablanca, Kamal Habachi n’écarte pas des défaillances d’entreprises en chaîne.

«De nombreuses entreprises ont été contraintes d’arrêter partiellement ou totalement leurs activités. Elles font face à des difficultés comme l’arrêt des commandes ou une chute de leurs chiffres d’affaires… Il est nécessaire de trouver des solutions pour éviter les liquidations massives des entreprises en cessation d’activité», insiste Me Kamal Habachi.

Son diagnostic est largement partagé. Mais doit-on pour autant le prendre pour argent comptant? Le cabinet Bassamat & Laraqui donne à son tour l’alerte dans un contexte marqué par la pandémie du coronavirus et ses conséquences. L’une de ses fondatrices, Bassamat Fassi-Fihri plaide pour «une évaluation urgente de la pratique judiciaire des procédures de traitement des difficultés d’entreprises. Le recours à celles-ci sera démultiplié nonobstant les soutiens financiers mis en place en faveur des entreprises».

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Les magistrats du ministère public ont initié 1.497 procédures en 2018 devant les juridictions commerciales. Leurs pouvoirs en matière d’entreprises en difficulté ont été élargis par la réforme de la loi n°73-17 modifiant et complétant le code de commerce. Depuis le 23 avril 2018, les procureurs du Roi peuvent par exemple introduire un recours contre les procédures visant à changer le syndic judiciaire. Le ministère public peut désormais réclamer aussi des sanctions pécuniaires  (Présidence du ministère public – rapport d’activité 2018)

Le gouvernement a décidé le report des charges sociales pour 18 mois ou l’exonération dans certains cas. L’exécutif a prévu aussi de reporter le recouvrement des impôts jusqu’ à fin juin 2020. Parallèlement, les banques ont prévu aussi un report des échéances des crédits.

Mais l’impact de ces mesures sur les entreprises varie selon leur type d’activité, volume d’affaires et leur taille. Les conséquences de la pandémie «seront plus dures» pour les PME qui dominent largement le tissu économique. «Elles n’ont pas de trésorerie aussi importante que les grandes sociétés. Leurs charges se sont accumulées depuis la déclaration de l’état d’urgence sanitaire en mars 2020: loyer, salaires, dettes fournisseurs… Ces sociétés font face à des difficultés immédiates et vont retentir sur les années à venir», pronostique l’universitaire Saida Bachlouch, présidente de l’Observatoire des entreprises en difficulté.

Plusieurs écueils existent pour éviter ou du moins atténuer les effets de ce scénario catastrophe.
Premièrement, le temps joue contre le monde judiciaire et celui des affaires.
Le cabinet Bassamat & Laraqui recommande de «repenser les demandes d’ouverture de la procédure». Adopter un formulaire-type fait partie de ses recommandations. «Il permettra d’établir un diagnostic efficient de la situation d’entreprise. Cette solution est d’autant plus envisageable à court terme. Car il existe déjà un portail pour les avocats dédié au dépôt de requêtes pour certaines procédures» (www.portailavocats.justice.gov.ma).

Ce portail est hébergé dans le site du ministère de la justice «pour les tribunaux de commerce de Casablanca, d’Agadir et de Marrakech depuis mai 2020».

A peine 155 avocats sur 17.000 y ont ouvert un compte entre la date de déclaration de l’état d’urgence sanitaire, le 20 mars, et le 26 mai annonce le ministère de la Justice.

D’où le deuxième obstacle lié à la digitalisation des procédures et à une certaine résistance des praticiens. «Ce portail est limité aux recours en référé, l’injonction de payer une créance… Le paiement en ligne des taxes judiciaires n’est possible qu’au tribunal de commerce de Casablanca. Et il est opérationnel uniquement pour les taxes fixes de 50 ou 100 DH!», s’étonne Me Rachid Diouri du barreau de Casablanca.

Ce n’est là qu’un petit échantillon d’une digitalisation qui tarde à venir. Elle est pourtant programmée par la Charte de la réforme de la justice depuis juillet 2013!

Certes le temps et le retard technologique jouent contre les juges et les auxiliaires de justice face à cette vague de défaillance d’entreprises qui s’annonce. Mais les managers sont-ils sensibilisés aux procédures collectives? Celles-ci sont prévues par le code de commerce: plan de sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire… «Il faut réconcilier les dirigeants de sociétés avec le droit», estime la présidente de l’Observatoire des entreprises en difficulté.

Traduction sociologique: A part l’ignorance de la loi, la demande d’un plan de sauvetage par exemple est perçue comme un aveu d’échec, une honte… Certains patrons, comme celui de Stroc Industrie, ont dû prendre leur courage à deux mains pour saisir la justice et éviter ainsi la faillite (Cf. L’Economiste n°5288 du 6 juin 2018).

Me Hamid Adssaoui a plaidé le dossier Stroc Industrie (Cf. L’Economiste n°5357 du 25 septembre 2018). Son témoignage est significatif sur l’ampleur du chantier et ses défis: «Vu le volume des documents à consulter et les délais, le monde judiciaire ne dispose pas forcément d’assez de temps. Le dossier de Stroc Industrie comportait 150 pièces comptables»!

Par Faiçal FAQUIHI, L’economiste

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Guide d’utilisation du dépôt en ligne des états de synthèse publié par le Ministère de la Justice du Royaume du Maroc (JurisMaroc)

Guide d’utilisation du dépôt en ligne des états de synthèse publié par le Ministère de la Justice du Royaume du Maroc

Auteur : JurisMaroc

Le Ministère de la Justice veille à la mise en œuvre de plusieurs plans stratégiques de la réforme de la justice, surtout en ce qui concerne les volets liés à l’amélioration de l’efficacité de l’administration judiciaire, le développement des capacités institutionnelles du système judiciaire, ainsi que la modernisation du service judiciaire.

Dans ce cadre le ministère a mis en place un portail pour le dépôt des états de synthèse sous format numérisé sans avoir à se déplacer auprès du tribunal. Les entreprises et professionnels qui souhaitent adhérer au service doivent créer un compte et renseigner un dossier d’adhésion disponible via le portail, afin d’activer le compte une copie de la demande doit être déposée auprès du tribunal dont elles dépendent. Enfin le greffe du tribunal opère au contrôle juridique des documents et délivre après l’approbation et le paiement des taxes un récépissé électronique confirmant l’accomplissement de l’opération de dépôt.

Auteur : JurisMaroc

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Le détail du décret sur le télétravail dans l’administration publique

Le fonctionnaire peut travailler dans son domicile pour une durée qui peut atteindre deux ans. Les mêmes droits mais aussi les mêmes obligations que le travail dans les locaux de l’administration. Détails.

Le Maroc veut officialiser le télétravail dans les administrations publiques. Elaboré par le ministère des finances et de la réforme de l’administration, un projet de décret a été soumis aux différents ministères, qui devront formuler leurs avis avant un examen en Conseil du gouvernement.

Dans certaines administrations, l’épisode covid-19 a imposé, de fait, ce nouveau mode de travail. Désormais, l’idée est de lui donner un caractère réglementaire, de manière à pérenniser une méthode qui « peut créer l’équilibre entre les besoins de l’administration d’une part (…) et d’autre part, les conditions spéciales de certains fonctionnaires », lit-on dans la note accompagnant le texte.

L’objectif est d’instaurer « une souplesse dans les heures de travail tout en préservant la moyenne quotidienne des heures officielles de travail ».

Le texte fixera les conditions et modalités du travail à distance dans les administrations de l’Etat. Le télétravail sera considéré comme un mode, parmi d’autres, d’organisation du travail. Il permettra aux fonctionnaires d’exercer des missions et tâches en dehors des locaux officiels rattachés à l’Administration, en utilisant des technologiques de l’information et de la communication.

Le travail à distance se fera dans le domicile du fonctionnaire ou, au besoin, dans un autre lieu établi par l’administration.

Le télétravail n’octroi aucun droit à l’indemnité de résidence ou de transport, ni aux indemnités autres que celles prévues par des dispositions en vigueur.

Une fois le décret adopté, un arrêté devra préciser les points suivant :

  • Le travail à distance peut être « partiel » ou « intégral » ;
  • Les taches et activités compatibles avec ce nouveau mode de travail
  • La liste des lieux mis à la disposition des administrations si le télétravail se fait en dehors du domicile du fonctionnaire
  • Les règles à respecter en ce qui concerne la sécurité des systèmes informatiques et protection des données
  • Les règles à respecter concernant les heures de travail à distance et leur mode de comptabilisation
  • Les conditions et modalités de comptabilisation des heures et durée du travail.

Une durée maximum de trois mois (prorogeable en cas de besoin) pourrait être fixée pour l’expérimentation et l’évaluation de la capacité, par le fonctionnaire, de travailler à distance. Elle permettra également d’évaluer l’impact de cette méthode sur la continuité du service public concerné.

L’administration peut permettre à un fonctionnaire, à sa demande, de travailler à distance pour une durée maximum d’une année. Le fonctionnaire doit, pour ce faire, soumettre une requête écrite où il énonce les motifs de sa démarche.

La durée du télétravail peut être prorogée d’une année supplémentaire sur la base d’une nouvelle demande, soumise 60 jours avant l’expiration de la première période. La reconduction est décidée après évaluation du rendement du fonctionnaire.

Le travail à distance peut être stoppé à tout moment, sur décision du chef de l’administration ou à la demande du fonctionnaire. Cette décision est soumise à un préavis de deux mois, qui peut baisser à un mois durant la période expérimentale. Le délai de préavis peut être plus court en cas d’urgence.

C’est l’administration qui supporte les charges en lien direct avec l’exercice du télétravail (les appareils, applications, abonnements, communications et outils de travail connexes). Elle assume également les frais d’entretien et de maintenance techniques, sauf faute ou mauvais usage imputable au fonctionnaire. En cas de panne ou de toute autre force majeure, ce dernier en informe immédiatement son administration.

L’usage ou exploitation à des fins personnelles, par le fonctionnaire, des équipements mis à sa disposition sera considérée comme « faute professionnelle ». Avec un risque de « poursuite disciplinaire ».

Les fonctionnaires opérant à distance bénéficient des mêmes droits que leurs collègues travaillant dans les locaux de l’administration (congés maladie, accidents de travail). Il sont de ce fait soumis aux mêmes obligations.

Le ministère chargé de la fonction publique mettra en place une commission nationale chargée du suivi et de l’évaluation du travail à distance dans les administrations publiques. Elle préparera des programmes de formations dédiés et publiera des rapports annuels qui seront soumis au Chef du gouvernement.

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Télétravail: Le décret tarde au SGG

La Covid-19 a remis le travail à distance au cœur des centres d’intérêt de l’administration et du monde de l’entreprise. Comme le statut de la fonction publique ne comporte pas de dispositif régissant cette nouvelle activité, le ministre des Finances et de la réforme de l’administration a préparé un projet de décret qui est actuellement au stade du Secrétariat général du gouvernement.

Le texte, dont le but est de combler ces lacunes, fixe les conditions et les modalités de cette nouvelle activité. «Il définit le télétravail et autorise les fonctionnaires à travailler à distance, soit de manière partielle avec un partage du temps de travail entre le présentiel et à distance, en précisant le nombre de jours de présence  obligatoire dans le site de l’administration», a souligné Ahmed Laâmoumri, secrétaire général du département de la réforme de l’administration.

Selon lui, le projet prévoit un arrêté fixant la liste des activités et des emplois éligibles au travail à distance pour chaque ministère. Ce dispositif, basé sur le volontariat, est assorti d’une période d’essai pouvant aller jusqu’à trois mois, suivie d’une évaluation de la capacité du fonctionnaire à travailler à distance et des effets de cette nouvelle organisation sur la performance de l’administration et son  fonctionnement.

■ Nouvelle organisation imposée par la Covid-19: En attendant l’adoption de ce texte, l’administration a été acculée à la nouvelle organisation que dictait la pandémie. En effet, pour assurer la continuité du service public pendant le confinement, et pour permettre aux fonctionnaires d’exécuter leurs obligations professionnelles, de manière partielle ou complète, l’administration a préparé son personnel à ce nouveau mode de travail. Elle a ainsi édité début avril dernier, un guide sur le télétravail, en arabe et en français, destiné aux fonctionnaires et téléchargeable à partir du site du département de la réforme de l’administration.

■ Guide pratique pour le déconfinement dans les services publics:
A l’approche de la sortie de l’état d’urgence sanitaire, le ministère des Finances et de la réforme de l’administration a publié un nouveau guide pratique comportant les mesures préventives à prendre dans l’administration, les établissements publics et les collectivités territoriales. Le document de 48 pages vise à accompagner l’administration, les fonctionnaires et les usagers dans la gestion des prochaines étapes de levée du confinement et de continuité des services publics. Ainsi, il comprend un ensemble de directives et de mesures qui doivent être observées par ces trois acteurs.

■ Le bureau d’ordre digital très prisé: Le département de la Réforme de l’administration et l’Agence de Développement Digital ont lancé ce système qui permet l’échange de courriers entre les administrations. Il s’agissait d’éviter la circulation du papier, vecteur de propagation de la pandémie du coronavirus. Le ministre des Finances a publié une circulaire pour sa généralisation. L’engouement suscité par cette formule a surpris plus d’un. En effet, tous les départements l’ont adopté comme unique plateforme collaborative d’échange du courrier. Actuellement, 630 administrations, 320 établissements publics, 250 collectivités territoriales, des instances de la gouvernance,…l’ont installé et l’utilisent. Cette plateforme est également mise à la disposition des citoyens et des entreprises pour adresser leurs courriers aux ministères et aux communes.

Quid de la signature électronique?

Le bureau d’ordre digital est accompagné d’un parapheur électronique permettant la circulation rapide des documents en interne et avec l’extérieur. Tout cela est assorti avec la possibilité de signer de manière électronique. Toutefois, on s’est aperçu que le système actuel de cette signature est quelque peu dépassé. Il faudra donc revoir la loi. Une nouvelle mouture de la signature électronique est en préparation. La Direction générale de la sécurité des systèmes d’information, rattachée au ministère de la Défense nationale, se penche sur ce volet.

La Covid-19, une occasion pour accélérer la transformation numérique

Pour l’administration, l’enjeu est de s’adapter et de réinventer de nouvelles méthodes. Il fallait revoir les approches pour que cette transformation numérique se poursuive au même rythme, et assurer sa pérennité une fois la pandémie passée. Car, des craintes de retomber dans les pratiques de l’avant Covid-19 se font sentir ici ou là. Ahmed Laâmoumri écarte cette possibilité. Pour lui, cette pandémie constitue «une occasion appropriée de prise de recul qui nous permet de voir ce que nous devons garder et développer, ce que nous devons changer ou abandonner. Je trouve que c’est un moment formidable pour accélérer cette transformation. Nous sommes, tous, collectivement, plus que jamais responsables», a-t-il noté. Par ailleurs, les administrations et les entreprises, qui ont investi dans les outils numériques, sont les grandes gagnantes. Cette pandémie a révélé la dépendance des citoyens et des clients aux services numériques, aux smartphones… Beaucoup de choses se font désormais en ligne.

Par Mohammed Chaoui, L’economiste

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Obligations contractuelles des entreprises. Les limites de la législation

La crise sanitaire a eu des impacts économiques considérables sur les entreprises, les mettant dans l’impossibilité d’exécuter leurs obligations contractuelles. Le cabinet d’avocats Bassamat & Laraqui explique et analyse la pratique judiciaire des procédures de traitement des difficultés des entreprises.

La crise sanitaire a entraîné une baisse de l’activité économique suite aux mesures de confinement édictées par le gouvernement. Elle aura pour conséquence une augmentation des défaillances d’entreprises. Bassamat & Laraqui, cabinet d’avocats d’affaires fondé en 1989, a édité un rapport dans lequel il analyse la pratique judiciaire des procédures de traitement des difficultés des entreprises. «Le recours à celles-ci sera démultiplié nonobstant les soutiens financiers mis en place en faveur des entreprises», explique le cabinet. Le Comité de veille économique (CVE) a été chargé d’identifier et de mettre en place des mesures appropriées d’accompagnement des secteurs les plus impactés. «La législation actuelle, le nombre insuffisant de juridictions spécialisées et le manque de formation spécifique des organes de la procédure ne sont pas en mesure de prendre en charge le sauvetage des entreprises, la préservation des emplois et l’intérêt des créanciers», ajoute le cabinet. Il s’agit de mettre en place un système d’accompagnement efficace lors de l’ouverture des procédures de traitement des difficultés, de choisir la procédure appropriée et les mesures de soutien en faveur des organes de la procédure.

Définir le cas de force majeure
Afin de sécuriser les relations commerciales entre les parties, les contrats commerciaux devraient comporter une clause de force majeure. Dans ce sens, le cabinet commence par définir un cas de force majeure selon la loi marocaine. «L’homme ne peut prévenir tel que les phénomènes naturels (inondations, sécheresses, orages, incendies, sauterelles, fait du prince…) et cela impossible l’exécution de l’obligation contractuelle». Dans le cas d’une pandémie, les tribunaux rechercheront si le caractère de force majeure répond à trois conditions. Il doit être «extérieur», c’est-à-dire qu’il ne relève pas de la volonté des parties, «imprévisible» puisqu’il ne pouvait pas être prévu lors de la conclusion du contrat, et «irrésistible» car ses effets ne pouvaient être évités. Ainsi, selon Bassamat & Laraqui, les mesures de fermeture décidées par le gouvernement sont des événements extérieurs et imprévisibles. Il s’agit dans ce cas d’un fait du prince (acte décidé et dicté par le gouvernement) qui, comme la force majeure, peut dégager la responsabilité du débiteur (le contractant). Toutefois, le cabinet d’avocats estime que «le Covid-19 ne constitue pas un cas de force majeure. Chaque situation contractuelle particulière devra être analysée au regard des conditions de l’article 268 du Dahir des obligations et contrats (DOC) ou des aménagements contractuels».

Les démarches à adopter
Avant tout, il faut que l’entreprise s’assure de l’existence de la clause de force majeure dans ses contrats commerciaux. Si aucune clause n’a été prévue dans le contrat, il faudra vérifier si les conditions légales de la force majeure peuvent justifier une inexécution contractuelle. Dans ce cas, l’entreprise peut aménager dans ses contrats une clause de force majeure pour en préciser la teneur et les conséquences. Pour ce faire, il est important de lister les cas de force majeure, et ce, sans limitation aucune. Il s’agira ensuite de mettre à la charge du contractant qui désire s’en prévaloir l’obligation de saisir son cocontractant par écrit pour exposer la survenance de l’événement de force majeure. Le contractant pourra dans ce sens faire prévaloir une clause d’imprévision qui permet à une partie au contrat d’invoquer l’existence d’un changement de circonstances, imprévisibles au moment de la signature du contrat. Le cabinet Bassamat & Laraqui explique qu’au Maroc, seul l’article 710 du DOC prévoit cette possibilité.

Impact de l’application de la force majeure
Quand le cas de force majeure est retenu, le contractant est donc libéré de ses obligations et exonéré de toute responsabilité, tant à l’encontre de ces contractants que des tiers. En ce qui concerne le paiement des prestations, le contractant ne peut se prévaloir de la force majeure et exciper d’une difficulté de trésorerie qui justifierait le non-paiement des sommes dues. Il s’agira donc de négocier au cas par cas avec le contractant de droit privé et de plaider la suspension du contrat en raison de la pandémie pour tenter d’échapper au paiement des astreintes ou des pénalités. En tout cas, le cabinet estime que le cas de force majeure ne sera pas automatiquement retenu par les tribunaux. Il faut donc favoriser la voie de la négociation aux longues procédures judiciaires. Pour conclure, ce dernier assure que les entreprises doivent systématiquement avoir à l’esprit qu’aucune loi ni aucun tribunal ne sauraient remplacer une politique d’anticipation et de prévention des risques auxquels l’entreprise peut être confrontée.

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Un réglementation en préparation sur le télétravail

Kiosque360. La CGEM planche sur une proposition de réglementation du télétravail. Pour le moment, le code du travail ne parle que de travail à domicile.

Le télétravail va prochainement être régi par une réglementation. C’est ce que rapporte L’Economiste dans son édition du jour. Le journal, qui constate que le code du travail ne traite, de manière superficielle, que du travail à domicile, explique que le but du législateur est de «protéger certaines formes de travail à domicile qui, en l’absence de contrat de travail, manquent de clarté sur le principe de la subordination et sur les liens hiérarchiques».

Si le travail à domicile peut être considéré comme un travail à distance et donc au télétravail sur le plan sémantique, il est impossible de les confondre sur le plan juridique. La différence réside dans la qualité des personnes en question. Le quotidien différencie les deux: «le télétravail est en général une activité salariée, le travail à domicile concerne en majorité les auto-entrepreneurs indépendants».

En effet, «le télétravailleur est d’abord le salarié d’une entreprise, chargé d’accomplir les missions qui lui sont confiées par sa hiérarchie», à la seule différence qu’il n’est pas présent physiquement sur le lieu de travail. Le travail à domicile peut par contre concerner aussi bien des salariés que des auto-entrepreneurs indépendants qui n’obéissent pas au principe de la subordination. A cela s’ajoute le fait qu’il est installé à son propre compte. Dans ce cas, pas de contrat de travail et le télétravailleur choisit son propre rythme de travail ou encore sa rémunération.

Le contexte pandémique a poussé les entreprises comme leurs collaborateurs à adopter ce mode de travail, ils y ont même trouvé des avantages, comme le précise L’Economiste. Et pour cause, «le télétravail offre une motivation et un gain de temps et de stress».

Comme la pratique pourrait être adoptée par beaucoup d’entreprises, le journal révèle que la CGEM planche actuellement sur «une proposition de cadre juridique destinée à être partagée avec le ministère du Travail et les partenaires sociaux». Cela pourrait se faire via un décret, une loi ou un simple amendement du code du travail actuel. Une fois adopté, «le texte pourrait être enrichi par un guide pratique ou une charte pour mieux expliciter les éléments non légaux du télétravail».

Par Rachid Al Arbi, Le360

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Tribune : Pour les pertes d’exploitation, a-t-on une assurance ? Maître Bassamat Fassi-Fihri

Qu’est-ce que l’assurance perte d’exploitation? Cette assurance, non obligatoire, est généralement destinée à couvrir le préjudice matériel subi par l’assuré, préjudice l’ayant conduit à la fermeture de son établissement lors de la réalisation d’un évènement visé dans la police d’assurance (Les dégâts des eaux, lors d’une inondation, une catastrophe naturelle, bris de machine, incendie…).

Lorsque l’évènement se réalise, l’assureur doit le couvrir au moyen du versement d’une indemnité afin de rétablir la situation financière telle qu’elle était à l’origine.

Pas dans tous les cas

L’analyse des clauses du contrat d’assurance est essentielle, l’assuré qui a souscrit une assurance perte d’exploitation ne pourra pas être couvert dans tous les cas. Il lui appartient de vérifier les clauses d’exclusion de garanties qui y sont prévues ainsi que les risques assurés, en l’occurrence vérifier si la fermeture par suite d’une décision administrative est couverte par le contrat d’assurance.

Si les conditions sont réunies, l’assuré peut légitimement prétendre à la mise en jeu de la garantie et doit la mettre en œuvre en déclarant le sinistre à son assureur dans les formes prévues au contrat pour saisir son assureur par écrit en chiffrant son préjudice. Le recours en justice à l’encontre de l’assureur qui refuse de couvrir le dommage est nécessaire. Si les principes qui gouvernent le droit des assurances en France et au Maroc sont similaires, il existe une différence majeure entre la législation française et marocaine quant à la compétence matérielle du juge des référés.

En France, la procédure référé provision est une procédure spécifique, rapide confiée à un juge unique, qui statue de façon urgente à la condition que la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse c’est-à-dire que la solution d’allouer une provision au demandeur lui apparaît évidente.

Cette décision est exécutoire même en cas d’appel, mais ne tranche cependant pas le fond du litige. Le juge des référés ne peut pas interpréter les clauses contractuelles. En ce sens, la décision rendue en faveur du restaurateur français n’interprète pas les clauses du contrat d’assurance qui le lie à Axa Assurance, la question de l’interprétation des clauses du contrat relevant de la compétence des juges du fond.

Procédure chère et lente

Le recours contre l’assureur, procédure longue et coûteuse pour l’assuré qui désire obtenir réparation. Il doit déposer une assignation en paiement devant le juge du fond.

Ce dernier recourt dans la quasi-totalité des cas à la désignation d’un ou plusieurs experts judiciaires pour évaluer le préjudice allégué et à des contre-expertises lorsque les conclusions des premiers experts sont contestées, les chargeant souvent d’examiner les termes du contrat d’assurance pour vérifier si le risque est couvert alors même que les experts ne peuvent être saisis que de questions techniques et non de questions de droit qui relèvent de la compétence exclusive du juge.

La décision qui sera rendue n’est jamais exécutoire, l’appel ayant un effet suspensif.

Au-delà de la perte d’exploitation, l’assuré risque à terme la perte de son entreprise.

                                                                               

L’assurance, le virus et le restaurateur

«Le tribunal de commerce de Paris a donné raison à un restaurateur parisien qui avait assigné Axa France, après son refus d’indemniser ses pertes d’exploitation. L’assureur va faire appel». Le Monde du 21 mai 2020. L’information ne manquera pas d’ébranler les assureurs.

La décision du tribunal de commerce de Paris a fait droit au référé provision déposé par le  restaurateur, qui a été contraint à la fermeture de ses établissements, en exécution de la décision des autorités administratives, prise le 14 mars 2020. Ayant souscrit une police d’assurance auprès d’Axa Assurance, couvrant les risques d’exploitation, résultant de la «fermeture administrative imposée par les services de police ou d’hygiène ou de sécurité», il a, au vu du refus d’indemnisation de son assureur, assigné ce dernier pour mettre en jeu la garantie.

Le juge des référés a fait droit à sa demande en lui octroyant une indemnité provisionnelle de 45.000 euros pour couvrir une partie des pertes d’exploitation. Le juge a nommé un expert pour évaluer le préjudice. Axa Assurance a interjeté appel de cette décision.

                                                                               

Une commodité n’existant pas au Maroc

Le référé provision est une procédure qui a le mérite de permettre à un créancier d’obtenir très rapidement une provision sur le montant réclamé. Le juge, généralement le président du tribunal, statue dans les quinze jours de sa saisine dans le cadre d’une procédure contradictoire. Le ministère d’avocat n’est pas obligatoire.

Au Maroc, le juge des référés ne peut condamner à aucune somme d’argent, il a une compétence matérielle limitée. S’il statue également au provisoire lorsque l’issue du litige ne préjudicie pas au fond, sa compétence matérielle se limite à ordonner des mesures conservatoires, de suspension de mesures d’exécution lorsque le juge du fond est saisi de la contestation en parallèle, des mesures d’instructions comme des mesures de constat ou d’expertise…

Les assurés bénéficiant d’une couverture perte d’exploitation spécifique couvrant la fermeture d’établissement par suite d’un règlement administratif, ne pourront saisir que le juge du fond.

Par Me Bassamat FASSI-FIHRI, L’economiste

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Confinement : Une partie de la vie judiciaire sauvée par la digitalisation

La digitalisation de la Justice n’est plus un luxe. C’est une nécessité que la crise actuelle a mué en obligation. La preuve, la pandémie a paralysé un large pan de la vie judiciaire et n’a épargné que la partie dématérialisée.

Malgré l’arrêt de l’activité des juridictions durant l’état d’urgence sanitaire, les prestations électroniques fournies par le ministère aux justiciables et usagers leur ont permis de continuer à bénéficier de ces services », a déclaré Mohamed Benabdelkader, ministre de la Justice, qui intervenait lors d’une réunion tenue le 27 mai avec les responsables administratifs des juridictions.

Entre le 20 mars et le 26 mai 2020, le nombre de demandes d’obtention de registre de commerce a atteint 30.370. « Toutes les demandes ont été traitées », selon le ministre. Son département a par ailleurs enregistré et traité 7.083 demandes relatives au casier judiciaire, là aussi traitées. Idem pour les dépôts d’états de synthèses qui a fait quant à lui l’objet de 820 demandes.

Sur la même période, 155 avocats ont créé un compte auprès de la plateforme électronique d’échange avec les juridictions. Pour 205 requêtes déposées via ce même canal.

Lancé il y a deux ans mais pas encore généralisé, cet outil est amené à jouer un rôle central dans la mise en œuvre du « tribunal à distance », objet d’un avant-projet de loi élaboré par le ministère. En plus de la notification, la plateforme servira au dépôt et enregistrement des requêtes, recours (appel, rétractation, opposition, pourvoi en cassation) et d’autres actes de procédures intervenant lors du procès.

Publiées de manière hebdomadaire, les données relatives à la tenue des procès par visioconférence ne concernent qu’une partie de la digitalisation escomptée. Elle ne touche en effet que les dossiers répressifs impliquant des détenus.

Les 4 dernières semaines, les juridictions marocaines ont tenu 1.209 audiences à distance, portant sur un total de 18.535 dossiers. Le nombre de décisions (jugement et arrêts) rendues via ce mécanisme a atteint pour sa part 7472. Enfin, 20.544 détenus ont été jugés par visioconférence, dont 650 ont obtenu la liberté provisoire.

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