Dans un jugement rendu le 3 août 2016 (dossier n°441/7112/2016, jugement n°3058 bis), les magistrats ont engagé la responsabilité de l’Etat pour la première fois en matière de défaillance de l’administration judiciaire : «Tous les actes administratifs que l’on peut dissocier de l’imperium des juges (audiences et jugements) sont susceptibles d’engager la responsabilité de l’Etat, les défaillances relatives au secrétariat-greffe d’un tribunal incluses». En l’espèce, une entreprise était condamnée par la Cour d’appel de Fès à verser la somme de 210 000 DH d’indemnités à un plaignant. Le juge ordonne alors que le chèque soit déposé au greffe du tribunal de Tanger, domicile du plaignant. L’entreprise ayant acquiescé, le greffier en chef du tribunal de Tanger a cependant pris trois mois pour verser la somme, ce qui a causé plusieurs dommages à son bénéficiaire, qui était en état de santé précaire. Saisis, les magistrats du tribunal administratif de Rabat ont condamné l’Etat en la personne du chef du gouvernement à verser une indemnité supplémentaire au plaignant. Une décision lourde de sens puisque, jusque-là, les défaillances de l’administration judiciaire étaient assimilées aux défaillances des juges, dont les seules voies de recours demeurent le médiateur ou le Conseil supérieur de la magistrature.
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Catégorie : Actualités
Loi sur les risques – Catastrophiques : l'application se fait attendre
La publication de la loi portant sur la couverture des événements catastrophiques au BO n’est pas synonyme d’application immédiate. Ainsi, plusieurs décrets d’application sont attendus en vue de mettre en œuvre les mécanismes instaurés par la nouvelle législation. Ainsi, et à côté des modalités afférentes à la composition ainsi que des règles de saisine de la commission de suivi des événements catastrophiques et de son fonctionnement, les réglementations attendues porteront aussi sur la mise en place de la liste des phénomènes naturels pouvant constituer un événement catastrophique, assortie de l’établissement d’une cartographie des zones sinistrées, de la datation de l’événement objet de cette déclaration et de la nature des dommages éligibles aux prestations.
Création d’un régime mixte d’indemnisation
Les volets liés à la gestion technique et financière du fonds de solidarité ainsi que les conditions et modalités d’engagement des dépenses seront également codifiés via un décret d’application. Le régime de couverture qui a été mis en place et qui renvoie à la fixation de l’indemnité devant être allouée par le fonds de solidarité ne sera, pour sa part, établi qu’après avis de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale. En aucun cas le montant de l’indemnité versé par le fonds de solidarité ne pourra excéder 70% de l’estimation du préjudice. Il est à rappeler que le montant de l’allocation pour privation de jouissance de logement et de celle pour perte de la résidence principale sont déterminés pour l’ensemble des membres d’un même ménage, avec l’exigence que le montant de l’allocation pour privation de jouissance ne puisse être ni inférieur à la valeur plancher, ni supérieur à la valeur plafond fixée par le département de l’Économie et des finances, et ce après avis de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale. Un régime mixte d’indemnisation des victimes d’événements catastrophiques a été institué en vertu des nouvelles dispositions, combinant à la fois un système assurantiel au profit des personnes ayant souscrit un contrat d’assurance et un système allocataire au profit des personnes physiques ne disposant d’aucune couverture.
Younes BENNAJAH
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HACA : Deux lois entrent en vigueur
En effet, les lois n° 66-16 modifiant et complétant la loi n° 77-03 relative à la communication audiovisuelle et n°66-06 portant réorganisation de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, ont été publiées, respectivement, aux Bulletins officiels n°6501 du 19 septembre 2016 et n°6502 du 22 septembre 2016. Selon les responsables de la HACA, «l’entrée en vigueur de ces deux textes marque, aussi bien pour les opérateurs que pour l’Autorité de régulation le point de départ d’une nouvelle étape quant à l’encadrement juridique du paysage audiovisuel national».
Concrètement, les deux lois précitées visent la mise en œuvre d’un ensemble de principes et de dispositions constitutionnels. Elles visent également à répondre aux évolutions actuelles et futures que connaît le secteur, ainsi qu’à promouvoir sa dynamisation en tant que levier pour le développement du pays et comme facteur favorisant la cohésion sociale. «Il convient de rappeler que les deux lois susmentionnées ont fait l’objet de deux Avis rendus par le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA). Il s’agit d’une part de l’Avis n° 01-16 du 19 mai 2016, sur demande du président de la Chambre des représentants et relatif à la proposition de loi modifiant et complétant la loi relative à la communication audiovisuelle et, d’autre part, de l’Avis n°02-15 du 8 août 2015, sur demande du chef de gouvernement, et portant sur le projet de loi relatif à la HACA», ajoute la même source.
Pour rappel, le monopole de l’Etat sur le secteur audiovisuel a été supprimé depuis 2002. Cette même année a connu la mise en place de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA) et la publication de la loi relative à la communication audiovisuelle.
ALM
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Les nouveaux défis pour le député parlementaire
Les enjeux du scrutin du 7 octobre 2016 dépassent la simple approche organique pour concerner le choix des acteurs chargés de prendre en main le quotidien des citoyens. Malgré le rôle discret des députés, leurs apports à la démocratie sont fondamentaux. La complexité qui marque le travail parlementaire met encore à leur charge le devoir de faire face à des réalités très complexes et contribuer de la sorte à la gestion des affaires de l’Etat.
Le travail parlementaire a incontestablement changé ces dernières années au niveau international. Au Maroc, le tournant de 2011 permet de constater l’immense défi auquel devrait faire le futur député. Il s’agit d’une ère nouvelle dominée par une grande mutation du travail parlementaire. Nos futurs députés ont le devoir de faire face à une telle réalité tout en tirant les conséquences de la nouvelle rédaction de la Constitution. C’est pour conclure à l’importance du choix exprimé par le citoyen pour la constitution d’une assemblée forte et en mesure de faire face aux nouveaux défis.
L’ère de la professionnalisation de la fonction
L’image du député siégeant au Parlement pour contribuer au vote des lois peut s’avérer en total décalage par rapport à une réalité dominée par des attentes croissantes des populations. Le mandat représentatif n’est plus regardé par les générations d’aujourd’hui comme un titre distinctif permettant à son titulaire de bénéficier de l’immunité parlementaire. Il s’agit plutôt d’un contrat moral entre représentant et représenté devant se traduire par des engagements réciproques.
Du point de vue juridique, le statut constitutionnel du député n’est appréhendé qu’au moyen des devoirs assez larges qui incombent à son titulaire. La professionnalisation s’est faite au moyen d’une moralisation accrue de la fonction. L’apport, en effet, de l’article 61 de la Constitution qui interdit aux parlementaires de renoncer à leur appartenance politique au nom de laquelle ils se sont portés candidats sous peine de perdre leur qualité était d’un intérêt incontestable. La bataille menée il y a quelques années pour combattre l’absentéisme est une seconde composante du statut version devoirs moraux. Plusieurs modalités ont été essayées et qui demeurent marquées par des résultats variés (rendre publique la liste des absents, sanctions financières, interdiction des cumuls des mandats, etc.). Le combat pour faire face à l’indisponibilité des députés s’est révélé difficile à réussir tant que les titulaires de la qualité ne sont pas imprégnés par les valeurs de la défense de l’intérêt général.
L’élargissement du champ d’action
Depuis 2011, les missions qui incombent au Parlement ont été élargies par l’article 70 de la Constitution. Les futurs députés ont l’obligation de contribuer en effet activement au travail législatif à travers le vote des lois. La nouvelle étape implique une contribution des députés à la qualité des textes législatifs. Cette mission connaît aujourd’hui une grande mutation du fait de l’intervention du droit pour les citoyens de présenter les motions en matière législative (art. 14 de la Constitution). Ce qui impose aux parlementaires l’obligation d’agir dans le cadre des modalités de l’expression de la démocratie participative.
Pour ce qui est du contrôle de l’action gouvernementale, le régime constitutionnel en vigueur offre aux membres de la Chambre des représentants divers mécanismes pour y parvenir (questions écrites et orales aux membres du gouvernement, questions de politiques générales adressées au chef du gouvernement, possibilité pour les commissions permanentes d’auditionner les responsables des administrations, établissements et entreprises publics, création des commissions d’enquête ainsi que le vote de la motion de censure dans les cas extrêmes). On se rend compte vite des pouvoirs immenses dont bénéficient les représentants de la nation mais surtout du volontariat exigé pour les mettre en œuvre.
Ce constat est surtout valable pour les nouvelles missions accordées au Parlement du fait de la Constitution de 2011. L’exercice de la mission complexe de l’évaluation des politiques publiques en est une. Les procédures de l’intervention en la matière demeurent complexes et pas claires. Les parlementaires sont naturellement mal préparés pour toucher un domaine considéré pendant longtemps comme de l’apanage de l’exécutif. Leurs pouvoirs sont affaiblis face aux pouvoirs sans légitimité élective. Les élections du 7 octobre constituent l’occasion afin d’interroger, notamment de la part de l’électeur, le système de production des élites face aux grands défis qui pèsent de nos jours sur l’institution législative.
L’importance des outils adaptés pour un travail parlementaire efficace
Le béat qu’a suscité la réforme des retraites était d’un effet large qui a concerné, même si son expression paraît plus visible du côté des réseaux sociaux, les retraites des ministres et des parlementaires. Les revendications exprimées pour revoir le système des retraites accordées aux parlementaires peuvent être inscrites dans le débat plus profond du coût de la démocratie.
Le financement du travail parlementaire est considéré comme un tabou y compris chez une grande part de la classe politique. Peut-être par crainte d’affecter une image déjà terne du politique accusé d’un opportunisme sans limites. Or la réalité laisse entendre un chantier à ouvrir à l’avenir pour faire face à des conditions insuffisantes pour un travail parlementaire de qualité.
L’enjeu de la rénovation d’un bicaméralisme très critiqué
Le scrutin du 7 octobre intervient dans une nouvelle étape pour le bicaméralisme marocain marquée essentiellement par des pouvoirs renforcés de la chambre issue du suffrage universel direct, la Chambre des représentants en l’occurrence. Les futurs députés ont le devoir de redonner un nouveau souffle au système bicaméral dans le sens d’une plus grande rationalisation. Le bicaméralisme marocain est aujourd’hui objet de critiques multiples. Ces dernières notent souvent la reproduction des mêmes débats devant les deux chambres du Parlement, la perte de temps qu’implique une procédure législative assez longue, le coût financier lourd que supporte le contribuable du fait d’institutions nécessitant des dépenses importantes, etc. L’une des priorités devrait être en conséquence une meilleure articulation du travail parlementaire pour une plus grande efficacité sans porter atteinte à la position de priorité et prééminence que le constituant accorde à la première chambre du Parlement.
Tarik ZAÃR
« Lire l’article sur le site de l’auteur : » http://www.leconomiste.com/article/1003218-les-nouveaux-defis-pour-le-depute-parlementaire
ANRT
Le Conseil du gouvernement, réuni mardi sous la présidence du Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, a adopté le projet de loi 72.16 modifiant et complétant la loi relative à la communication audiovisuelle. Ce texte modifie et complète la loi 77.03 relative à la communication audiovisuelle, telle que modifiée et complétée par la loi 66-16 promulguée par le Dahir 1.16.155 en date du 21 Dou Al qida 1437 (25 août 2016), a indiqué le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, dans un communiqué lu lors d’un point de presse à l’issue de la réunion du Conseil. Présenté par le ministre de la Communication, ce projet de loi réintroduit une série de tarifications ainsi que des prérogatives accordées par la loi 77.03 à l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) en matière d’affectation des fréquences radioélectriques au secteur audiovisuel, a-t-il expliqué.
En outre, ce texte porte modification de l’article 5 de la loi 77.03, telle que modifiée et complétée, et ce afin que certains services de l’État ne soient pas privés de l’utilisation et de l’exploitation de certaines bandes de fréquences autorisées par l’Union internationale des télécommunications, en plus des prestations audiovisuelles.
« Lire l’article sur le site de l’auteur : » http://lematin.ma/journal/2016/adoption-d-un-projet-de-loi-modifiant–et-completant-la-loi-relative–a-la-communication-audiovisuelle/255568.html
Communication audiovisuelle
La loi N°11.15 portant restructuration de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA) vient d’être publiée au dernier Bulletin officiel (22 septembre dernier). La principale nouveauté de ce texte consiste à avoir prévu des dispositions permettant à la HACA de recevoir des plaintes des personnes physiques.
La loi N°11.15 portant restructuration de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle vient d’être promulguée. Publié dans le BO du 22 septembre, ce texte prévoit des dispositions permettant à la HACA de recevoir des plaintes des deux chambres du Parlement, du gouvernement, des organisations politiques et syndicales et des associations de la société civile sur la violation par les opérateurs audiovisuels des lois et des statuts du secteur. Mais la principale nouveauté, c’est que cette loi permet aux personnes physiques de présenter des plaintes sur la violation par les opérateurs du secteur de la communication audiovisuelle des lois et des statuts appliqués dans le secteur. Par ailleurs, la loi N°11.15 permettra de doter la HACA de nouveaux instruments pour veiller sur la consolidation d’un paysage audiovisuel diversifié, pluraliste, équilibré et complémentaire, consacrant les valeurs de la dignité humaine et la lutte contre les différentes formes de discrimination. Il s’agit également de contribuer à la consécration des acquis réalisés et de permettre aux Marocains d’accéder à une offre médiatique audiovisuelle répondant aux exigences du service public et à la promotion d’une culture d’égalité homme-femme.
Parmi les objectifs de ce texte figurent également la consécration de l’identité nationale et la pluralité de ses composantes et le respect de la diversité linguistique, culturelle, sociale et spatiale de la société marocaine, tout en veillant à éviter le monopole de la propriété des médias de la communication audiovisuelle. La loi portant restructuration de la HACA vise à renforcer le rôle et les pouvoirs de cet organe en tant qu’instance constitutionnelle et institution autonome intervenant en matière de réglementation du secteur de la communication audiovisuelle. En vertu de ce texte, la HACA sera chargée de contrôler le degré du respect des règles d’expression de la pluralité des tendances idéologiques et d’opinions politiques, sociales, économiques et culturelles dans les médias audiovisuels, et ce, dans le cadre du respect de l’équité territoriale, de l’équilibre, du non-monopole et de la diversité. Cet organisme veille à garantir la liberté de l’exercice de la communication audiovisuelle, tout en respectant le droit à la communication et à la diversité linguistique, culturelle et politique, ainsi que le droit à l’information dans le domaine de l’audiovisuel dans le respect des valeurs civilisationnelles fondamentales du Royaume et de ses lois.
Ce texte de loi ambitionne essentiellement d’aligner l’organisation et les prérogatives de la HACA sur les dispositions constitutionnelles et de renforcer les acquis réalisés dans le secteur de la communication audiovisuelle, en capitalisant les efforts accumulés par la HACA depuis sa création à la lumière des expériences internationales. Le texte comprend, par ailleurs, des dispositions permettant à la HACA de recevoir des plaintes des deux Chambres du Parlement, du gouvernement, des organisations politiques et syndicales et des associations de la société civile sur la violation par les opérateurs audiovisuels des lois et des statuts du secteur. Des personnes physiques pourront également présenter à la HACA des plaintes sur la violation par les opérateurs du secteur de la communication audiovisuelle des lois et des statuts appliqués dans le secteur.
« Lire l’article sur le site de l’auteur : » http://lematin.ma/journal/2016/la-loi-n%C2%B01115-portant-restructuration-de-la-haca-publiee–au-bulletin-officiel/255287.html
Haute Autorité de la communication audiovisuelle
Les lois 66-16 modifiant et complétant la loi 77-03 relative à la Communication audiovisuelle et 66-06 portant réorganisation de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle ont été publiées, respectivement, aux Bulletins officiels n° 6501 du 19 septembre 2016 et n° 6502 du 22 septembre 2016. L’entrée en vigueur de ces deux textes marque, aussi bien pour les opérateurs que pour l’Autorité de régulation, le point de départ d’une nouvelle étape de l’encadrement juridique du paysage audiovisuel national. Cette nouvelle ère reflète le niveau de maturité atteint par le processus entamé depuis 2002 à travers la suppression du monopole de l’État, la mise en place de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA) et la publication de la loi relative à la Communication audiovisuelle, autant d’initiatives qui sont venues s’ajouter au grand mouvement de réformes initiées par notre pays, dans divers domaines, depuis plus de deux décennies, et ce en s’inscrivant résolument sur la voie de la consécration de l’État de droit et du renforcement du processus démocratique, notamment à travers l’élargissement du champ des libertés. Par ailleurs, les deux lois précitées visent la mise en œuvre d’un ensemble de principes et de dispositions constitutionnels.
Elles visent également à répondre aux évolutions actuelles et futures que connaît le secteur, ainsi qu’à promouvoir sa dynamisation en tant que levier pour le développement du pays et comme facteur favorisant la cohésion sociale. Il convient de rappeler que les deux lois susmentionnées ont fait l’objet de deux avis rendus par le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA). Il s’agit d’une part de l’avis n° 01-16 du 19 mai 2016, sur demande du président de la Chambre des représentants et relatif à la proposition de loi modifiant et complétant la loi relative à la Communication audiovisuelle et, d’autre part, de l’avis n°02-15 du 8 août 2015, sur demande du Chef du gouvernement, et portant sur le projet de loi relatif à la HACA.
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Médiation conventionnelle – Les vertus d'une démarche gagnant-gagnant
Au moment où le risque de paiement plombe le marché de la commande publique, le secteur privé veut se prendre en charge. Du moins pour ce qui est des conflits interentreprises. Depuis 5 ans, la Chambre française de commerce et d’industrie au Maroc (CFCIM) accompagne ses adhérents dans le règlement amiable des conflits. Et l’approche tend à se développer auprès d’autres acteurs, notamment le secteur bancaire et certains gros donneurs d’ordre privés, en particulier l’OCP. (Voir L’Economiste du lundi 26 septembre). Pour le moment, rien n’a encore filtré quant aux statistiques relatives à l’importance des dossiers soumis à la médiation conventionnelle et leur ventilation par typologie de litiges. Mais le constat relevé par la CFCIM est édifiant: «Près de 75 % des dossiers traités ont trouvé une issue amiable et ont permis la poursuite d’une relation commerciale apaisée», est-il souligné. Mieux, la Chambre est décidée à passer à la vitesse supérieure. Elle veut faire évoluer son Centre de médiation vers la mise en place de binômes de médiateurs qualifiés en fonction de la nature des dossiers.
Fait marquant aussi, les sociétés adhérentes à la Chambre insèrent de plus en plus dans leurs contrats commerciaux, le recours, en cas de litige, au Centre de médiation pour l’entreprise (CME). (Voir également articles pages 5 et 6). D’où la nécessité de former davantage de médiateurs pour assurer la qualité de prestation que requièrent ces dossiers.
La médiation est un mode de résolution particulièrement adapté aux conflits commerciaux car, plus rapide qu’une procédure judiciaire. Efficacité, confidentialité, maîtrise des coûts et de la solution finale pour les parties, sont autant d’apports qui répondent aux attentes des entreprises. Au final, il y a deux gagnants au lieu de bénéficiaire et perdant dans le cas de l’arbitrage ou du recours à la justice.
Le CME a bénéficié de l’accompagnement Centre de médiation et d’arbitrage de Paris, créé en 1995 par la Chambre de commerce et d’industrie de la capitale française. Il s’érige aujourd’hui en organisme leader au niveau européen en matière de gestion alternative des conflits commerciaux à travers la médiation et l’arbitrage. Sa compétence s’étend également à l’international. D’où l’intérêt pour les entreprises marocaines, en particulier celles orientées export.
La collaboration entre les deux centres marocain et français a permis l’organisation de formations sanctionnées par une certification des médiateurs. Elle s’est soldée aussi par le transfert de savoir-faire et l’assistance technique pour la mise en place et le suivi des processus de médiation.
Le Centre de médiation de l’entreprise dispose d’un panel de médiateurs formés et certifiés, un règlement définissant le cadre et le déroulement du processus, une Charte éthique et un barème. Tous les indicateurs sont a priori réunis pour que la médiation commerciale connaisse un essor rapide au Maroc.
Charte de la médiation interentreprises
La médiation consiste à aider les parties en conflit à trouver un accord amiable. Le mode n’est donc pas imposé car, il induit l’intervention d’un tiers qualifié et agréé: le médiateur. D’autant plus qu’il est préférable de résoudre un litige à l’amiable plutôt que de recourir à la voie contentieuse. Et surtout, qu’il existe des procédures permettant de trouver des solutions négociées. Même après l’introduction d’un recours en justice, les entreprises et organisations signataires de la Charte déclarent leur intention de recourir à un processus de médiation d’un conflit lorsqu’elles se trouveront en situation de blocage ou de précontentieux. Elles doivent également proposer autant que possible ce mode de résolution de conflit à leurs partenaires via l’introduction de clauses dédiées dans leurs contrats. La Charte invite par ailleurs, les entreprises à participer aux formations organisées par le Centre de médiation pour mieux être au fait du fonctionnement de ce mode de règlement.
Abdelaziz GHOUIBI
« Lire l’article sur le site de l’auteur : » http://leconomiste.com/article/1002921-mediation-conventionnelle
Flexibilité du régime de change: Pas avant le deuxième semestre 2017
Le Wali de Bank Al Maghrib a annoncé le report au deuxième semestre 2017 de la réforme du système de change. « Il y a des prérequis que nous devons mettre en place avant d’entamer cette réforme, qui est un important tournant pour notre économie », affirme Abdellatif Jouahri en réponse à Telquel.ma lors du point de presse tenu à l’issue de la troisième réunion trimestrielle du conseil de la banque centrale.
Cette réforme, qui se fera progressivement à en croire Jouahri, sera précédée d’une importante campagne d’explication et de communication vis-à-vis des différents intervenants, dont le gouvernement, représenté par le ministère de l’Économie et des finances, en plus du secteur bancaire, des opérateurs économiques ainsi que la société civile.
Selon le benchmark mené par la banque centrale, certains pays ont dû attendre huit à dix ans pour achever une telle réforme. D’autres, près de quinze ans. « Ce qu’il faut retenir, c’est que nous envisageons les choses sereinement car nous entamons cette réforme dans un contexte où nous ne sommes pas en crise, contrairement à d’autres pays qui sont allés vers ce changement au lendemain d’une crise de devises », explique le gouverneur.
Sur le plan pratique, des comités ont été mis en place entre la banque centrale d’un côté et la CGEM et le secteur bancaire d’un autre pour discuter de cette réforme. Il y a aussi un comité de coordination installé avec le ministère des Finances « où nous nous partageons le travail sur ce régime », avance Jouahri. Et d’ajouter que les choses « vont très bien, car nous sommes d’accord sur toutes les propositions qui ont été formulées. Le régime qui sera adopté par le Maroc se clarifie de plus en plus », nous confie-t-il.
Hayat Gharbaoui
« Lire l’article sur le site de l’auteur : » http://www.newsjs.com/url.php?p=http://telquel.ma/2016/09/28/flexibilite-du-regime-change-pas-deuxieme-semestre-2017_1516291
Economie collaborative : quel avenir au Maroc
La vague de partage déferle sur l’économie au Maroc et dans le monde, écrit Aujourd’hui le Maroc dans son édition du jeudi 29 septembre. De plus en plus d’internautes sont ainsi adeptes de l’économie du partage. Le nombre des utilisateurs des sites et des applications mobiles qui y sont dédiés le prouve. C’est une économie d’avenir, d’après les experts. La Silicon Valley l’a bien compris, soutenant les entrepreneurs, dans tous les secteurs, pour intégrer cette dimension collaborative dans leur business model.
Au Maroc, les textes de loi sont souvent mal adaptés aux auto-entrepreneurs et aux nouvelles start-ups. Les politiques doivent s’impliquer à divers niveaux et les entreprises, qui misent sur cette économie, doivent faire de la transition écologique, non pas un argument de vente, mais un objectif. Surtout que le contexte de crise et le contexte écologique ont incité les gens à chercher des services et des biens moins coûteux, tout en pensant aux enjeux écologiques.
Cela dit, les plateformes et les projets dédiés à l’économie du partage fleurissent au Maroc. Parmi eux, Dinim3ak, un site de covoiturage. D’après les créateurs de cette start-up, covoiturer est un geste citoyen pour notre environnement qui consiste à réduire les émissions de C02 et la consommation de carburant en réduisant le nombre de voitures sur les routes. « Il s’impose de plus en plus sur de longs trajets réguliers de type domicile-travail. En partageant les frais avec le conducteur et les autres passagers, l’utilisateur est sûr de faire des économies pour ses déplacements », affirme l’équipe Denim3ak.
Dans le même sens, les espaces de coworking fleurissent autant que les start-ups fondées sur le concept de l’économie participative. Dare Space, 7ay, New York, Lab et autres offrent en même temps des espaces de travail partagés, des réseaux professionnels et des carnets d’adresse.
Même les méthodes de financement ont connu cette mutation collaborative. Malgré l’absence, là aussi, d’un cadre juridique, le crowdfunding ou le financement participatif, basé sur une solidarité entre les particuliers où chacun, dans la mesure de ses moyens, met la main à la poche pour aider à concrétiser le projet d’un autre, a réalisé une montée grâce à des plateformes comme Smala&Co. Des sites de brocante, des e-vide dressing ou vide-grenier, des plateformes de partage de taxis, d’échange de livres … Bref, rien ne se perd, tout se revend, se loue et se partage…
Sanae El Asrawi
« Lire l’article sur le site de l’auteur : » http://fr.le360.ma/economie/economie-collaborative-quel-avenir-au-maroc-89205
