Énergies renouvelables : passage de relais ONEE-MASEN, mode d’emploi

Énergies renouvelables : passage de relais ONEE-MASEN, mode d’emploi

il y a 6 heures

par :  Les Inspirations Éco

Le transfert des activités liées à la production d’énergies renouvelables (EnR) relevant du périmètre de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) vers l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN) est acté. Une convention a récemment été signée par les deux parties. Ce transfert fait suite à la loi n° 38-16 qui modifie et complète l’article 2 du dahir n° 1-63-226 du 14 rabii I 1383 (5 août 1963) portant création de l’Office national de l’électricité, devenu Office national de l’électricité et de l’eau potable. De fait, MASEN s’occupera de la valorisation des ressources énergétiques renouvelables dans le cadre de la stratégie énergétique nationale, qui a pour principal objectif l’augmentation de la contribution des énergies renouvelables dans la consommation électrique du pays.
Détails du transfert
Concrètement, dans son article 2, la loi n° 38-16 indique que sont transférés à MASEN, créée par la loi n°57-09, de manière progressive et au plus tard à la fin de la cinquième année suivant la date de publication de ladite loi, en pleine propriété et à titre gratuit, les biens immeubles appartenant à l’ONEE servant à l’activité des installations EnR existantes ou en cours de construction. Ceci, en plus de l’ensemble des dossiers afférents aux projets des installations EnR en cours de développement, et des biens immeubles liés à celles-ci. Il est également expliqué que «l’identification et l’inventaire des biens meubles et immeubles de l’ensemble des dossiers et documents cités ci-dessus, ainsi que les modalités de leur transfert sont fixés dans le cadre d’une convention à conclure entre l’État, l’ONEE et MASEN qui sera approuvée par décret». À noter que le régime fiscal applicable au transfert visé sera fixé par la loi de Finances. À cet égard, et pendant la période qui précède la date de transfert de chaque installation EnR, l’ONEE devrait poursuit l’exercice des activités existantes ou en cours de construction. Ceci est également valable pour les activités relatives aux projets des installations EnR en cours de développement, jusqu’au transfert à MASEN de l’ensemble des dossiers et documents afférents à chaque projet. Pour ce qui est des marchés d’études, de travaux, de fournitures et de services, ainsi que tous les autres contrats et conventions conclus par l’ONEE avant la date de transfert et non définitivement réglés à celle-ci, MASEN assurera le règlement desdits marchés, contrats et conventions selon les formes et conditions qui y sont prévues.
Le capital humain aussi concerné
Ce transfert d’activités entre les deux opérateurs traite également du volet humain. Il est précisé que «le transfert de chaque installation EnR à MASEN est accompagné du transfert du personnel de l’ONEE affecté aux activités de ladite installation, à l’exception du personnel qui souhaiterait maintenir ses fonctions au sein dudit office après avis favorable de ce dernier». Dans ce sens, le personnel transféré sera intégré au sein de MASEN dans les mêmes conditions que celles appliquées au personnel de cette dernière. Le texte de loi explique aussi que la situation du personnel transféré ne saurait en aucun cas être moins favorable que celle dont jouissent les intéressés au sein de l’ONEE, à la date du transfert, notamment en ce qui concerne les salaires, indemnités et primes relatives à la situation statutaire, à la couverture médicale et au régime de prévoyance sociale. De plus, la durée des services effectués par le personnel à l’ONEE est considérée comme ayant été passée au sein de MASEN. Par ailleurs, le personnel transféré à l’agence continue à être affilié aux caisses de pension auxquelles il cotisait à la date de son transfert, et devrait continuer à bénéficier des prestations des œuvres sociales de l’office. In fine, la loi explique que la subrogation n’a aucune incidence sur les garanties émises par l’État ou tout autre organisme marocain ou étranger au profit de l’ONEE, ni sur les cautions, lettres de confort, sûretés émises par l’État ou tout autre organisme marocain ou étranger au profit du contractant de l’ONEE, lesquelles continueront de produire leurs pleins effets au profit de MASEN. Depuis sa création en 2010, MASEN a contribué au rayonnement du secteur national des EnR dans le monde, et ce, aux meilleurs standards internationaux. Grâce à la valorisation des ressources énergétiques renouvelables, en particulier celles solaires, éoliennes et hydrauliques, MASEN devrait tout mettre en œuvre pour assurer la réalisation de l’objectif contenu dans la stratégie nationale, qui consiste à rehausser la part des énergies renouvelables dans la production électrique nationale de 42% en 2020 à 52% en 2030.
par : Sanae Raqui / Les Inspirations Éco
https://leseco.ma/energies-renouvelables-passage-de-relais-onee-masen-mode-demploi/

PLF 2021 : L’essentiel des amendements adoptés en commission

12 novembre 2020
par : EcoActu 

La commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants a adopté, dans la nuit de mercredi à jeudi à la majorité, la première partie du PLF 2021, après l’introduction d’une série d’amendements. Voici l’essentiel de ces amendements :

– Augmenter le seuil de la contribution de solidarité pour les particuliers de 120.000 dirhams/an à 240.000 DH/an, soit 20.000 DH/mois. Pour ce qui est du taux, il a été maintenu à 1,5%.

– Pour les entreprises, le seuil de contribution a été réduit de 5 millions de dirhams (MDH), proposé initialement dans le PLF-2021, à 1 MDH.

– Annuler totalement ou partiellement les pénalités, amendes, majorations et frais de recouvrement des créances publiques d’avant le 1er janvier 2020.

– Prolonger, jusqu’au 30 juin 2021, la réduction des droits d’enregistrement au profit des acquéreurs de logements et augmenter le montant de la base imposable à 4 millions de dirhams (MDH) au lieu de 2,5 MDH.

– Promouvoir l’emploi des jeunes: Porter la durée du travail de 24 mois à 36 et la condition de l’âge de 30 à 35 ans pour les employés qui bénéficieront de l’exonération de l’impôt sur le revenu (IR) et ce, pour leur premier emploi dans le cadre des contrats à durée indéterminée.

– Réduire de 1% à 0,5% des droits d’enregistrement sur les opérations de constitution ou augmentation du capital.

– Exonérer les intérêts versés aux particuliers résidents qui ne sont pas soumis à l’IR et ce, conformément au système du résultat net réel ou simplifié, sur les bons du Trésor émis jusqu’en 2021 et dont les intérêts seront versés pour la première fois en 2021.

– Donner un caractère annuel à la déclaration de la contribution professionnelle unifiée, en offrant au contribuable le choix entre paiement trimestriel ou annuel. Ceci avec l’obligation de s’inscrire au régime d’assurance maladie obligatoire de base selon les textes et lois en vigueur.

– Réduire le droit d’importation sur les fibres synthétiques de Polystyrène de 17,5% à 2,5% pour soutenir le secteur du textile.

– Appliquer les sanctions pénales dans le cas de facilitation de l’évasion fiscale ou l’obtention d’une déduction sur l’impôt ou recouvrement de montants injustement, et aussi pour les fausses factures.

– Augmenter la taxe intérieure de consommation (TIC) sur le tabac jaune, les cigares et l’alcool pour préserver la santé des citoyens et lutter contre des produits causant des maladies chroniques.

par : EcoActu 

https://www.ecoactu.ma/plf-2021-lessentiel-des-amendements-adoptes-en-commission/

 

Accès à l’information : le gouvernement renforce le dispositif

il y a 1 jour

Younes Bennajah.

L’amélioration de l’accès à l’information des usagers des services publics reste la priorité.

La mise en œuvre définitive de la loi 31-13 relative à l’accès à l’information, entrée en vigueur en mars dernier, est au centre des mesures projetées par l’Exécutif. Il s’agit essentiellement de mettre en place des mécanismes clairs pour que les organismes concernés par la réponse aux requêtes puissent diffuser aisément les informations publiques. Presque tous les secteurs sont concernés par les nouvelles dispositions réglementaires, notamment les renseignements portant sur l’éducation, la santé, le logement et l’emploi. La feuille de route de l’Exécutif insiste sur «le renforcement de la transparence et une plus grande responsabilisation des fonctionnaires et des élus», ainsi que sur la désignation des agents publics, qui sont dans l’obligation de délivrer les informations, qu’il s’agisse des demandes déposées contre récépissé ou de celles envoyées par courrier postal ou électronique. Il faut dire que les limites entre les demandes urgentes, dont le délai de réponse ne doit pas excéder 3 jours, et celles normales, dont le traitement peut prendre jusqu’à 40 jours, doivent être clarifiées. Le flou entoure aussi les modalités de réponse dans le cas où le demandeur formulerait plusieurs questions dans le même document, sans oublier les demandes qui nécessitent un échange d’informations.

Les étapes de la procédure surveillées de près
Le renforcement du dispositif d’accès vise avant tout à garantir au demandeur de l’information un interlocuteur unique, chargé de lui délivrer l’information demandée dans les temps. De leur côté, les organismes concernés doivent justifier tout refus de divulguer l’information publique et citer l’exception qu’ils invoquent. La réutilisation de l’information obtenue obéit quant à elle à plusieurs mesures, notamment la non-altération du contenu de l’information, de même que la source de l’information et sa date d’émission doivent être indiquées. Toujours dans le registre crucial de la procédure, le dispositif projeté insiste sur les sanctions prévues pour encadrer l’usage du droit d’accès à l’information, notamment les poursuites pénales. Il s’agit essentiellement de la violation des exceptions par la personne chargée d’accéder à l’information, ainsi que des cas d’altération volontaire de l’information par son destinataire ayant porté préjudice à l’organisme concerné.

Pour rappel, l’utilisation ou la réutilisation des informations portant préjudice à l’intérêt général ou aux droits des tiers sont sanctionnées par une peine d’emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 200 DH à 1.500 DH. Le coupable peut, en outre, être frappé de l’interdiction d’un ou plusieurs droits civils, civiques ou de famille pendant cinq ans à dix, comme cela est prévu par l’article 360 du Code pénal. Enfin, les administrations ont entamé la préparation des documents nécessaires aux usagers, qui seront disponibles sur leurs portails institutionnels, comme l’indique la feuille de route. Les agents ne devront donc plus systématiquement recourir au droit de réserve ou de discrétion pour les documents et décisions qui concernent directement les demandeurs d’information. Pour ce qui est de la régulation, la Commission du droit d’accès à l’information est le seul gendarme dans ce domaine, et doit traiter les plaintes émanant des personnes qui se sont vu refuser des informations. La commission devra aussi élaborer un rapport annuel ainsi que des avis relatifs aux décrets d’application de la loi 31-13. Un dispositif de soutien de la personne chargée de réceptionner les demandes a aussi été prévu, avec «un plan annuel de mise en œuvre de la loi sur l’accès à l’information». Parmi les exigences imposées figurent la réalisation d’un inventaire global des informations mises à la disposition de chaque établissement, leur classification, ainsi que celles concernées par une publication par anticipation ou encore relevant du domaine des exceptions. Chaque entité est dans l’obligation d’élaborer une base de données pour les informations à sa disposition, tout en mentionnant leur nature et leur origine.

Les préparatifs des services publics

Le décret d’application de la loi 31-13 formule plusieurs conditions afin que la procédure soit recevable. Il s’agit essentiellement du grade des personnes qui seront chargées de réceptionner les plaintes, celles-ci devant relever de l’échelle 10 au moins ; «à défaut, le fonctionnaire désigné doit être un de ceux qui ont le plus haut grade au sein de l’établissement». Les directeurs de chaque établissement public seront chargés de cette mission, et devront procéder à la nomination de personnes qui s’occuperont de réceptionner les demandes en cas d’empêchement du fonctionnaire désigné.

Younes Bennajah / Les Inspirations Éco

https://leseco.ma/acces-a-linformation-le-gouvernement-renforce-le-dispositif/

Conseil supérieur du pouvoir judiciaire: les priorités pour 2021

le 11 novembre 2020 à 16:34

par : A.E.H

Trouver un siège, renforcer les ressources humaines, parfaire l’inspection judiciaire… voici les principaux chantiers 2021 du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire.

Institution constitutionnelle cherche siège approprié. C’est le cas du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire. Trois ans après , cette entité présidée par le Roi est encore à la recherche d’un « terrain » pour y ériger son local, apprend-on lors de la présentation de son budget 2021.

L’article 5 de la loi organique régissant le CSPJ insiste sur « la nécessité, pour le Conseil, de disposer d’un local spécial et adéquat, traduisant son autonomie en tant qu’instance constitutionnelle indépendante », rappelle l’exposé de Mohamed Benabdelkader, ministre de la Justice, de passage le 28 octobre devant la commission de la Justice à la Chambre des représentants.

En 2021, le budget d’investissement dédié au CSPJ sera de 172,4 millions de DH, dont 10 millions seront affectés à la présidence du ministère public. Une enveloppe en augmentation de 1,6% par rapport à celle de l’année en cours. Les crédits d’engagements s’établiront quant à eux à 192,8 MDH.

L’acquisition d’un terrain est annoncée comme une priorité. C’est une vieille doléance du Conseil: Un siège pérenne (au lieu d’un local temporaire comme celui qu’il occupe actuellement à Rabat) et muni d’espaces suffisants pour abriter l’ensemble de ses équipements (enveloppe de 243 MDH pour 2021, dont 148 transférés à la présidence du ministère public), outils de travail et surtout toutes ses ressources humaines.

D’autant que la famille du CSPJ s’apprête à s’agrandir. Le projet de loi de Finances 2021 prévoit la création de 100 nouveaux postes budgétaires. Magistrats, fonctionnaires, ingénieurs…Il s’agira de palier le « déficit » en personnel dont souffre l’institution. Les futurs arrivants seront ralliés via les procédures de recrutement, rattachement ou de contractualisation.

Le renforcement des effectifs, ajouté à la masse salariale, les revalorisations, avancement de grade, etc., donne un budget affecté au personnel de 113,6 MDH en 2021, soit une hausse de 26,82% comparés aux crédits débloqués pour l’année 2020.

L’inspection judiciaire

Chantier prioritaire, le CSPJ doit parfaire la structure de l’Inspection générale des affaires judiciaires. Cet organe est dirigé par Abdellah Hammoud, nommé par le Souverain en 2017. Mais depuis, son organigramme attend toujours un renforcement qui sied à son caractère stratégique. Ce sont ses rapports qui amorcent, entre autres, des procédures disciplinaires à l’encontre des magistrats.

En 2020, cinq magistrats ont été épinglés par le Conseil, révèle M. Benabdelkader dans son exposé. Il ne précise pas la nature des sanctions, qui peuvent aller du simple avertissement à la révocation, en passant par le retard dans l’avancement, la rétrogradation ou la suspension. La nature des manquements relevés n’est pas non plus mentionnée.

La même année, l’Inspection générale des affaires judiciaires a diagnostiqué la situation de 11 tribunaux et de 5 Cour d’appel. Il s’agissait d’examiner l’activité générale de ces juridictions mais aussi l’activité individuelle des magistrats. Le ministère public a également été soumis à examen.

A la demande du Conseil, la même inspection a ouvert 44 nouveaux dossiers d’enquête et d’investigation. Dans le même cadre, 45 dossiers (déjà ouverts) ont été bouclés et ont fait l’objet de rapports soumis au Conseil. Enfin, 1.687 plaintes ont été traitées sur les 1.748 enregistrées dans la première moitié de l’année en cours.

Bien qu’opérationnelle, l’inspection générale des affaires judiciaire demeure en attente d’un texte légal fixant ses attributions, sa composition et ses règles d’organisation. Un projet de loi est dans le pipe. Le ministère de la Justice l’a intégré dans son agenda législatif de 2021.

Il s’agira de mettre en œuvre les recommandations de la charte national pour la réforme du système judiciaire: faire naitre une Inspection chargée des missions « d’investigation, de vérification et de contrôle (…) de façon à permettre l’évaluation du fonctionnement des juridictions et de leurs méthodes de travail, uniformiser les méthodes de travail en leur sein, détecter les dysfonctionnements professionnels en vue de les redresser, proposer les mesures et les moyens permettant d’accroitre l’efficacité judiciaire, enquêter dans des faits précis et élaborer des rapports à ce sujet et les soumettre au Conseil ».

par : A.E.H

https://www.medias24.com/conseil-superieur-du-pouvoir-judiciaire-les-priorites-pour-2021-14226.html

Vigilance et veille interne : l’AMMC propose de nouvelles dispositions

il y a 47 minutes

Aida Lo / Les Inspirations Éco

es modifications de circulaires au niveau de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Après la revue de la circulaire relative aux opérations et informations financières, l’autorité propose de modifier certaines dispositions du texte portant sur les obligations de vigilance et de veille interne incombant aux organismes et personnes soumis à son contrôle. Ces modifications, qui seront mises en consultation publique jusqu’au 24 novembre 2020, devraient abroger et remplacer la circulaire n° 01/18. L’objectif de cette nouvelle circulaire est de proposer une refonte de l’ossature du texte actuel, pour donner plus de lisibilité aux personnes assujetties dans l’assimilation des obligations qui leur incombent en la matière et de se conformer aux dispositions légales en vigueur.

«Le projet de la nouvelle circulaire s’inscrit notamment dans le cadre de l’alignement des dispositions existantes sur les normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (Recommandations GAFI) et la prise en considération de l’évolution législative et réglementaire au niveau national», précise l’AMMC.

Outre la modification de certaines dispositions, le projet de modification de la circulaire n° 01/18 prévoit d’en introduire de nouvelles. Cela concerne essentiellement l’introduction de nouvelles définitions qui s’inspirent de l’évolution des textes législatifs, que ce soit au niveau national ou qu’à celui du glossaire GAFI. Ces définitions portent la précision de la terminologie utilisée dans la circulaire, et ce, pour éviter toute équivoque, telle que les notions de «Client», «Représentant de client», «Donneur d’ordre», «Bénéficiaire», «Construction juridique», «Sanctions financières ciblées», «Gel», «Organe d’administration», et «Membres d’organe de direction». Le projet de la nouvelle circulaire vise, entre autres, la consécration de l’approche basée sur les risques lors de l’évaluation des risques BC/FT de la personne assujettie et l’application de mesures renforcées/simplifiées. À cela s’ajoute le renforcement des points de vigilance à l’égard de la clientèle à risque. D’autres compléments seront apportés par ailleurs aux dispositions qui encadrent les virements électroniques. Aussi, le projet apporte une certaine précision de la notion de la personne politiquement exposée et les mesures de vigilance à prendre à son égard. Sans oublier, la consolidation des mesures de vigilance renforcées ou encore l’obligation d’appliquer les sanctions financières ciblées comme le gel des biens. Le projet propose également le renvoi à la possibilité d’application des sanctions pécuniaires et disciplinaires prévues par la législation en vigueur relative à la LBC/FT. Par ailleurs, ces mesures de vigilance restent applicables aux clients existants.

par : Aida Lo

https://leseco.ma/vigilance-et-veille-interne-lammc-propose-de-nouvelles-dispositions/

Le statut CFC élargi à six nouvelles activités

il y a 21 heures

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

Le Conseil de gouvernement vient d’approuver un projet de décret-loi portant sur la réorganisation de Casablanca Finance City. Celui-ci s’inscrit dans le cadre de l’alignement du statut CFC sur les bonnes pratiques internationales. Il vient élargir ce statut à de nouvelles activités et modifier les modalités de fonctionnement et de gouvernance relatives au statut CFC. Issam El Maguiri, expert-comptable, souligne que ce décret-loi a élargi le statut CFC à six nouvelles activités, à savoir les sociétés d’investissement, les organismes de placement collectifs, les conseillers en investissement financier, les services liés aux plateformes de financement collaboratif, les sociétés de négoce et les prestataires de services techniques pour le compte d’entités d’un groupe de sociétés. La même source ajoute, qu’à l’issue de ce changement, les entreprises éligibles au statut CFC seront organisées en entreprises financières et non financières conformément aux dispositions des articles 4 et 5 du décret-loi précité, à l’exclusion des entreprises financières qui reçoivent des fonds du public, au sens de l’article 2 de la loi N 103-12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés, ou celles dont une partie des activités est réalisée avec des personnes physiques hors gestion privée du patrimoine.

L’expert-comptable précise que ce décret-loi ne fait plus la distinction entre les Marocains et les étrangers pour l’octroi du statut CFC, notant qu’à titre d’exemple, l’activité de la gestion de patrimoine est désormais éligible à ce statut, qu’elle soit destinée à des personnes physiques marocaines ou étrangères, résidentes ou non résidentes. Il a également ajouté que, «en conséquence, la nouvelle définition des activités éligibles au statut CFC a résolu la problématique de cantonnement». Par ailleurs, les articles 6 et 17 prévoient de nouvelles exigences en matière de substance par rapport aux conditions et activités exercées au sein de la place financière. Ces exigences couvrent, selon lui, l’effectivité de l’exercice de l’activité au sein de Casablanca Finance City, le nombre d’employés ainsi que les dépenses de fonctionnement attribuées à la zone CFC. Concernant la gouvernance, la nouvelle réglementation qui régit le pôle financier de Casablanca Finance City prévoit l’octroi du statut CFC par décision de l’autorité gouvernementale chargée des finances, sur proposition de CFC Authority et non par la commission de la place financière qui vient d’être supprimée, fait savoir Issam El Maguiri. Par ailleurs, l’article 15 du décret-loi en question a limité les cas où les changements effectués au niveau des entreprises bénéficiant du statut CFC conduisent au retrait du statut. Ainsi, explique l’expert, seules les modifications affectant le contrôle ou la modification des activités exercées peuvent y conduire. Selon lui, l’adoption d’un tel changement du processus est dictée par «l’urgence de se conformer aux exigences de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’Union européenne, selon lesquelles le Maroc, en termes de conformité fiscale, satisfaisaient aux standards internationaux, notamment l’action 5 du projet BEPS sur la liste grise pour des raisons relatives au statut CFC».

Le statut CFC élargi à six nouvelles activité

 

 

 

Audiences à distance : des formations pour les avocats

29/09/2020 – 11:19

Younes Bennajah / Les Inspirations Éco

L’Ordre des avocats de Rabat procède à l’application de la convention de partenariat qui le lie au ministère de la Justice pour améliorer la participation des avocats à la plateforme d’échange électronique.

Les avocats veulent s’impliquer dans le chantier de la numérisation des services judiciaires et appliquer de manière urgente les mesures contenues dans la convention qui a été signée le 16 septembre avec le département de la Justice. Une note de l’Ordre des avocats de Rabat précise que les représentants de la défense ont un délai de huit jours pour présenter leur demande de formation devant le secrétariat de l’ordre au sein de la Cour d’appel de Rabat. La période de formation découle du plan de transition numérique élaboré par le ministère de la Justice, avec comme objectif «le passage à une justice simplifiée et aisée, basée sur l’exploitation des technologies de l’information et la sécurité juridique et judiciaire», souligne la note de l’Ordre des avocats. Dans un premier temps, ce sont 50 avocats qui seront formés en tant que futurs formateurs du reste du corps de la défense sur les modalités de l’usage de la plateforme d’échange.

«Une forte coordination avec le ministère est requise», insiste la note de l’ordre qui rappelle son engagement à dresser les listes définitives des membres qui devront suivre le sessions de formation. Pour Casablanca, une plateforme d’échange électronique entre le ministère de la Justice et l’Ordre des avocats de Casablanca a déjà été lancée, dans le but de faciliter l’échange entre les avocats et les tribunaux, par voie électronique des documents entre les avocats et les tribunaux en confirmant leur authenticité via une signature électronique.

Cette plateforme s’assigne également pour objectif d’archiver par voie électronique les dossiers des avocats, en leur permettant de les consulter à tout moment. La mise en place d’une justice numérique et l’informatisation complète des procédures sont prioritaires actuellement, ainsi que l’implication de toutes les parties prenantes du système judiciaire dans le développement qualitatif des services fournis aux justiciables. À noter que la transition vers la dématérialisation de la justice et le tribunal numérique a été fixée à l’horizon 2021, avec un programme qui permet de donner la possibilité à tout avocat de disposer d’un bureau virtuel pour la gestion de ses dossiers, d’utiliser un compte sécurisé et d’enregistrer les requêtes et de présenter les mémoires et les différentes demandes.

Ministère de la Justice : D’importantes lois bientôt versées dans le circuit législatif

Organisation judiciaire, inspection, professions judiciaires… Pour le ministère de la Justice, l’année 2021 s’annonce féconde en textes juridiques.

Le ministère de la Justice est réputé pour sa productivité législative. Même si ses textes les plus illustres (code pénal, etc.) sont aussi ceux qui peinent à aboutir. D’autres, moins scrutés mais tout aussi prioritaires, seront bientôt versés dans le circuit législatif.

C’est la promesse qu’a faite Mohamed Benabdelkader devant la commission de la législation à la Chambre des représentants. Mercredi 28 octobre, il exposait le budget sectoriel de son ministère pour l’année 2021. Une année où son agenda législatif s’annonce chargé.

Organisation judiciaire : Parcours laborieux, nouveau round au Parlement

Parcours sinueux pour ce projet que le ministère qualifie de « prioritaire ». Validé au Parlement (décembre 2018), le projet de loi relatif à l’organisation judiciaire a été partiellement censuré par la Cour constitutionnelle (8 février 2020), faisant obstacle à sa promulgation qui reste aujourd’hui encore en suspens.

Un circuit laborieux qui traduit le grand débat entourant le projet, notamment sur la notion d’administration judiciaire et la partie chargée de sa gestion. L’autre point polémique concerne les champs d’intervention de chacun des organes d’inspection régis par la future loi : la première, dite inspection générale du ministère de la Justice, est rattachée à ce même ministère. La deuxième, dite inspection générale des affaires judiciaires, est chapeautée par le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire.

Le ministère annonce avoir élaboré une nouvelle version. Finalisée, elle sera « soumise au Conseil du gouvernement très prochainement  ». Après quoi, le projet sera de nouveau transmis au Parlement.

Cette mouture, précise M. Benabdelkader, s’arrime aux observations contenues dans la décision de la Cour constitutionnelle. Les modifications introduites ne concernent donc que les articles invalidés par les sages.

Autrement dit, le ministère ne tiendra pas compte des demandes formulées par une partie de la sphère judiciaire. Laquelle espérait une modification qui va au-delà des dispositions censurées par la Cour. « L’objectif est d’accélérer l’adoption de cet important texte juridique », justifie le ministère. Une fois adoptée, la future loi sera « soumise à une évaluation objective » qui pourrait alors déboucher sur une révision.

L’Inspection judiciaire

Très attendu, le projet de loi sur l’inspection judiciaire verra bientôt le jour. Le ministère l’a intégré dans son agenda législatif de 2021. « Nous sommes en passe d’y apporter les touches finales sur le plan technique », annonce-t-on.

Pour l’heure, rien ne filtre quant au contenu de l’avant-projet. Ce texte est censé fixer la composition, les attributions et les règles d’organisation de l’inspection générale des affaires judiciaires, entité rattachée au CSPJ. Dans les faits, cette entité est dirigée depuis 2017 par Abdellah Hammoud, nommé par le Roi en tant qu’inspecteur général (mandat de 5 ans renouvelable une seule fois).

En 2013, la charte pour la réforme du système judiciaire avait recommandé de confier à cette Inspection la « mission d’investigation, de vérification et de contrôle (…) de façon à permettre l’évaluation du fonctionnement des juridictions et de leurs méthodes de travail, uniformiser les méthodes de travail en leur sein, détecter les dysfonctionnements professionnels en vue de les redresser, proposer les mesures et les moyens permettant d’accroitre l’efficacité judiciaire, enquêter dans des faits précis et élaborer des rapports à ce sujet et les soumettre au Conseil ».

Avocats, huissiers et adouls en attente de leurs lois

La refonte de la loi sur la profession d’avocat est en marche. Après des années de tractations, le ministère et l’Association des barreaux semblent se diriger vers une version consensuelle. Les « dernières retouches » ont été discutées lors d’une réunion tenue le 15 octobre à Rabat. Le ministre a remis une copie de l’avant-projet au président de l’ABAM. L’objectif est de boucler les consultations avant d’introduire le texte dans le circuit législatif.

La future loi agira notamment sur les « conditions d’accès à la profession, à la formation et à la gestion des conseils de l’ordre ». Les questions brûlantes du monopole des avocats et des cabinets internationaux seront-elles évoquées ? Nous en saurons un peu plus une fois le document dévoilé.

D’autres auxiliaires de la justice sont dans l’expectative. A commencer par les huissiers de justice. Avec le ministère, leur conseil national a tenu une série de réunions au cours de l’année 2020. Un avant-projet est dans le pipe. Une nouvelle rencontre est programmée cette semaine pour aboutir à la version qui sera soumise à la procédure d’adoption.

Les adouls attendent aussi leur loi. Cette fois-ci, le sujet mêle juridique et religieux. D’où l’attention portée au futur texte qui devra prendre en compte une nouvelle donne : la profession est désormais accessible aux femmes. Mais ce n’est qu’un aspect, parmi d’autres, du chantier de modernisation espéré pour ce métier. Le ministre annonce la préparation d’une mouture qui vient d’être présentée pour avis au CSPJ et à la présidence du ministère public. Le Conseil national des adouls sera également consulté avant la soumission à la procédure législative.

Par : A.E.H, Medias24

Consulter l’article sur le site de l’auteur.

Justice : Voici où en est le chantier du « Tribunal numérique »

Coup d’accélérateur sur le projet de digitalisation du système judiciaire. Benabdelkader annonce les chantiers en cours et dresse le bilan de ceux déjà opérationnels.

Au Maroc, le « Tribunal numérique » n’est pas une réalité, ou pas tout à fait. Mais le Royaume avance ses pions dans ce sens. Les détails récemment dévoilés par le ministère de la Justice suggèrent une accélération dans la réalisation de cette ambition, muée en obligation à l’heure de la distanciation sociale.

« A cause de la pandémie Covid-19, la situation du secteur de la justice a montré la nécessité impérieuse d’élaborer une nouvelle réflexion dans le domaine de la modernisation et la numérisation », explique Mohamed Benabdelkader, ministre de la Justice. Mercredi 28 octobre, il présentait son projet de budget sectoriel 2021 devant la commission de la législation à la Chambre des représentants.

Le ministère s’appuiera sur son schéma directeur de transformation numérique. Dévoilé en juin, ce dernier contient six programmes, portant notamment sur la création du portail intégré d’accès à la justice, la généralisation de l’échange électronique de documents, la gestion dématérialisée des dossiers judiciaires ou encore sur la diffusion de l’information juridique et judiciaire.

3 projets dès 2021

Les six projets s’articulent eux-mêmes autour de 22 projets. Le département de Benabdelkader prévoit d’en réaliser trois dès l’année 2021 (projet du dossier judiciaire électronique, référentiel national électronique des professionnels de la justice ainsi que la dématérialisation des registres des consignations).

Les projets contenus dans le « schéma directeur » viendront s’ajouter à ceux préalablement programmés et qui se trouvent actuellement à des stades plus ou moins avancés, voire déjà opérationnels. Le ministère évoque ainsi, notamment, le registre national électronique des suretés mobilières qui, depuis son lancement en mars 2020, compte plus de 2.000 inscriptions pour 66.225 recherches.

Benabdelkader revient sur des outils devenus usuels dans la sphère judiciaire et en dehors. Permettant au public de suivre des affaires en cours, le site Mahakim.ma – et son application – a enregistré 12,5 millions de recherches durant les 9 premiers mois de l’année en cours.

Sur les chantiers en attente, le ministère annonce le dépôt, dès l’année 2021, de l’avant-projet de loi relatif à l’usage des moyens électroniques dans les procédures civile et pénale. Ce texte donnera assise légale à l’un des outils phare de la numérisation. Il s’agit de la plateforme d’échange électronique avec les avocats (Portailavocat.justice.gov.ma).

>>Lire aussi : Une loi pour mettre en place le « Tribunal numérique » au Maroc

Notification électronique

Ce mécanisme est opérationnel dans plusieurs juridictions, en attendant sa « légalisation ». Pour autant, le ministère note un intérêt croissant des robes noires pour le portail depuis « l’arrêt » qu’ont connu les tribunaux durant le confinement sanitaire. Jusqu’au 23 octobre, 955 avocats y ont ouvert un compte. Le nombre de mémoires déposés a pour sa part atteint 6.031

Et pour cause, le portail propose un large panel de services à distance, parmi lesquels l’enregistrement des actions, la présentation des requêtes et mémoires et autres actes intervenant au cours du procès. Le portail permet aussi le paiement en ligne ainsi que l’échange électronique des documents entre l’avocat et le tribunal. Son système d’archivage offre aux avocats un moyen de stocker automatiquement leurs dossiers qu’ils peuvent consulter à distance, partout et tout le temps.

Autre option, et pas des moindres : L’avocat peut, s’il y consent, recevoir des notifications via la même plateforme. Ce qui revient à instaurer un système de notification électronique au lieu des modes traditionnels de notifications, notamment par huissier de justice. Prévue dans l’avant-projet de loi, cette méthode ne bénéficie actuellement d’aucun encadrement légal.

Paiement électronique

Par ailleurs, le ministère a entamé la mise en œuvre du paiement électronique multi-canal. Ce mécanisme a été expérimenté dans le TPI de Kénitra, le tribunal de commerce de Marrakech et dans le tribunal de commerce de Casablanca. Le ministère planche sur sa généralisation avant la fin de l’année en cours.

Durant cette année et jusqu’au 23 octobre, un total de 572.107 opérations de paiement ont eu lieux via les différents canaux numériques, contre 126.026 l’année précédente. Depuis la mise en place du paiement électronique en 2018, les sommes prélevées par ce biais ont atteint 20,6 MDH.

Sur ce même registre, il est question de généraliser l’installation des terminaux de paiement électronique auprès des caisses des tribunaux. Cette technique est actuellement en vigueur au tribunal de commerce de Rabat.  A travers ces outils, le ministère espère renforcer « la transparence » tout en limitant l’usage de l’argent liquide et le traitement direct avec les justiciables et usagers.

Désignation aléatoire des juges

Un logiciel pour choisir le juge. Cet outil est en vigueur dans certains tribunaux (ex : tribunal de commerce et Cour d’appel de commerce de Casablanca), mais n’a toujours pas de base légale. Le ministère annonce son encadrement dans la future loi relative à l’usage des moyens électroniques dans les procédures civile et pénale.

Ce système informatique assure une répartition « aléatoire » des dossiers sur les juges-rapporteurs ou en charge. « Il s’agit d’instaurer une transparence totale dans l’opération de désignation des instances chargée de statuer sur les dossiers », justifie le ministère. Manière aussi d’évincer tout soupçon de « connivence » ou de « favoritisme » quant au choix de tel ou tel magistrat.

Demandes de mariage en ligne

Benabdelkader annonce enfin la généralisation prochaine de la plateforme des Adouls dédiée aux demandes d’autorisation de mariage. Cet outil est actuellement utilisé au tribunal social de Casablanca et au tribunal de la famille de Salé.

Pour l’instant, on compte pas moins de 2.150 inscriptions parmi les adouls pour 12.350 demandes d’autorisation de mariage déposées, rapporte le département de Benabdelkader.

 

Par : A.E.H

Consulter l’article sur le site de l’auteur

Loyers impayés : L’absence d’un texte dédié à l’état d’urgence devient problématique

Le Parlement a proposé des lois pour encadrer les litiges de loyers impayés, adaptées à la situation actuelle. Le gouvernement les a rejetées, et les juges évitent de trancher. Qui doit agir ? Comment ? Voici les avis d’experts.

En hausse depuis la rentrée judiciaire, les litiges relatifs aux loyers impayés pendant cette période de crise posent aujourd’hui une problématique juridique à laquelle réagissent deux avocats sollicités par Médias24.

Pour Maître Mounir Founani, avocat au barreau de Rabat et Maître Meriem Berrada, avocate au barreau de Casablanca, l’absence d’un texte spécifique encadrant les relations contractuelles entre bailleurs et locataires dans le contexte de l’état d’urgence sanitaire constitue un problème auquel il faut remédier en urgence.

En matière de baux commerciaux, la loi 49-16 protège le bailleur qui, après un cumul de 3 loyers impayés, peut recourir à la justice, dans le respect de certaines conditions (réalisation de la clause résolutoire, procédure de mise en demeure, délais, etc.).

Cela dit, la loi en vigueur ne prévoit pas de dispositions sur les impayés liés à l’état d’urgence sanitaire, mis en place par les autorités marocaines depuis le mois de mars.

La crise sanitaire et économique ainsi que les décisions de confinement total ou partiel ont sévèrement impacté les activités de certaines entreprises. En résulte ainsi, pour certains, l’incapacité de payer les loyers. Dans ce cas, qui doit assumer la perte de gains ? Est-ce le locataire ou le propriétaire ?

“C’est au juge de trancher au cas par cas”, a déclaré le ministre de la Justice, Mohamed Benabdelkader, en juillet dernier.

Certes, la décision revient à la justice, mais compte tenu de la situation exceptionnelle, les magistrats se heurtent à un sérieux dilemme et risquent de multiplier les décisions sans solutions.

C’est au législateur de réagir en urgence

“C’est une situation délicate. Il est difficile de prendre une décision en faveur d’une partie au détriment de l’autre, car bailleurs et locataires souffrent”, déclare Maître Mounir Founani.

Cette difficulté a en effet été constatée fin septembre, lorsque le tribunal de commerce de Rabat a émis une surprenante ordonnance qui porte sur une affaire opposant un bailleur à un locataire d’un local à usage commercial.

Après un cumul de trois loyers impayés, le propriétaire a eu recours à la justice pour demander l’expulsion du locataire et réclamer son dû. Jusque là, la situation est simple.

Mais, étant donné que les loyers impayés correspondent à la période de fermeture décrétée par le gouvernement marocain, le juge des référés s’est retrouvé confronté à une situation inhabituelle et a décidé de se déclarer incompétent.

Pourtant, c’est lui que la loi désigne pour connaître ce type d’affaires. Cette “non-solution”, comme l’ont nommée certains commentateurs, risque de se multiplier. Qui doit réagir ? Et comment ?

Nos deux interlocuteurs sont unanimes, « c’est au législateur d’intervenir ». Selon Maître Founani, “à travers cette intervention le législateur doit trancher en faveur de la partie qui souffre le plus”.

Pour la déterminer, l’avocat propose de se baser sur “les statistiques du HCP par exemple. Ces données (sur le niveau de pauvreté, les revenus des citoyens, etc.) ne sont pas publiées pour être lues et oubliées, mais plutôt pour être utilisées comme référence par le législateur”, indique-t-il.

“C’est à la lumière de ces données et statistiques que le législateur peut fixer des solutions médianes, à appliquer durant cette période particulière uniquement. Par exemple, l’on pourrait proposer que les loyers impayés constituent une dette qui ne conduit pas à l’expulsion du locataire”, ajoute l’avocat.

Cette suggestion a été présentée sous forme de proposition de loi par l’USFP. Le groupe parlementaire a été le premier à faire un effort législatif dans ce sens, suivi du PJD et du PAM. Mais les trois se sont confrontés à un surprenant refus de la part du gouvernement, annoncé par le ministre de la Justice en juillet 2020. Depuis, plus rien.

Maître Founani estime que « les juges doivent travailler en étant à l’aise. Ils ne doivent se soucier que de l’application de la loi et non de sa création. Certaines problématiques juridiques sont posées malgré l’existence de textes de lois, puisqu’il arrive que ces derniers soient interprétés de différentes façons. Comment faire lorsqu’il n’y a aucun texte pour encadrer une situation donnée ? », poursuit l’avocat.

Maître Berrada rappelle que la problématique qui se pose ici, concerne les baux commerciaux uniquement car pendant la période de fermeture, décidée par les autorités, les locataires d’un local à usage d’habitation ont continué à en jouir. Un local à usage commercial dont la fermeture a été ordonnée par les pouvoirs publics n’a pas profité à son locataire ce qui, selon l’avocate, représente un fait du prince.

« Selon la jurisprudence, qui constitue le droit prétorien, le fait du prince est un cas de force majeure et cette dernière a pour conséquence juridique de suspendre l’exécution du contrat. Cela signifie que le contrat ne produit plus d’effets juridiques et que le locataire n’a pas à payer de loyer », explique l’avocate.

« Un contrat de location est un contrat synallagmatique, c’est-à-dire que les parties s’obligent réciproquement l’une vers l’autre. De ce fait, si le locataire ne jouit pas de son bien, il n’a pas à honorer la contrepartie qui est le paiement du loyer », martèle Maître Berrada.

 

Par : Sara Ibriz

Consulter l’article sur le site de l’auteur