Corruption : Une plate-forme pour protéger les témoins

Corruption : Une plate-forme pour protéger les témoins

Le Maroc est désormais engagé à éradiquer le phénomène de la corruption. Après la création d’une instance chargée de la lutte contre ce phénomène, c’est au tour des lois d’être revisitées. Dans ce sens, l’instance centrale de prévention de la corruption a organisé, jeudi dernier à Rabat, en collaboration avec le Programme de soutien à l’amélioration des institutions publiques et des systèmes de gestion dans les pays d’Europe centrale et orientale, un atelier pour présenter une nouvelle plate-forme sur la protection des témoins, des dénonciateurs, des experts et des victimes menacés en matière de corruption.

En effet, il a été constaté que l’état actuel de la législation marocaine ne permet pas une protection suffisante de ces personnes pour les amener à témoigner et à dénoncer des actes de corruption. Bien que le code de procédure pénale consacre une section relative à «l’audition des témoins et des experts», ses dispositions demeurent générales et lacunaires. En partant de ce constat, l’instance a formulé dans son rapport annuel 2009, une recommandation au gouvernement allant dans le sens de l’instauration d’un véritable cadre juridique assurant une protection efficace des témoins, des dénonciateurs, des experts et des victimes menacées en matière de corruption. D’après Abdesselam Aboudrar, président de l’Instance centrale de prévention de la corruption, cette protection devra assurer la sécurité des personnes précitées avant, pendant et après le procès afin qu’elles puissent dépasser la crainte des représailles réelles ou supposées pour elles-mêmes ou pour leurs proches.

D’après lui, cette initiative comprendra des mesures de protection fondées et adéquates, définira les bénéficiaires de la protection et fixera les mesures susceptibles de les protéger et les critères et la procédure d’octroi de l’anonymat. L’élaboration de cette plateforme contribuera donc à promouvoir la protection des témoins. Elle renforcera l’efficacité de la prévention et de la lutte contre la corruption et harmonisera la législation nationale avec les dispositions de la Convention des Nations unies contre la corruption ratifiée par le Maroc en 2007, notamment ses articles 32 et 33 relatifs à la protection des témoins. Lesdites clauses stipulent que les Etats parties doivent prendre les mesures appropriées pour assurer une protection efficace contre les actes éventuels de représailles ou d’intimidation à leur encontre et, s’il y a lieu, à l’encontre de leurs parents ou de leurs proches et de prévoir à travers la prévision notamment de règles de preuves leur permettant de témoigner et de dénoncer en toute sécurité.

La mise en œuvre de cette initiative (qui vise, soulignons-le, à compléter la section V du Code de procédure pénale) tombera à point nommé. A l’approche de deux échéances d’une grande importance, le Maroc est appelé à soigner son image. En effet, d’ici six mois, le Royaume qui a été tiré au sort lors de la réunion du comité d’experts, chargé de l’examen de la Convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC), fera l’objet d’un examen par l’Afrique du Sud et la Slovaquie désignées par le même procédé. Ledit examen portera sur les chapitres II et IV de la CNUCC, respectivement relatifs à l’incrimination, la détection et la répression et à la coopération internationale.

Par ailleurs, le Maroc abritera la quatrième session de la conférence des Etats parties à la Convention des Nations unies contre la corruption en octobre 2011. Deux événements qui représentent un cadre idéal pour hisser les efforts marocains engagés contre la corruption au niveau des exigences internationales en matière de prévention et de lutte contre la corruption.

Le délateur aux yeux de la société

Selon le président de l’Instance centrale de prévention de la corruption, Abdesslam Aboudrar, la question de la protection des témoins, des dénonciateurs, des experts et des victimes menacés pose au-delà des difficultés d’ordre juridique au moins deux problèmes qui sont autant de défis à relever. Le premier est d’ordre psychologique. Il a trait à l’appréhension qu’éprouve toute personne à se présenter spontanément devant la justice.

Ce facteur est aggravé par le fait que le citoyen ne fait pas toujours confiance au système judiciaire. Le second est d’ordre culturel. En effet, la démarche de dénoncer la corruption est toujours conçue comme un acte négatif. Selon ce responsable, cette situation est en contradiction avec celle de certains pays dans lesquels la dénonciation est considérée comme une preuve de civisme et de citoyenneté.

Le délateur aux yeux de la société

Selon le président de l’Instance centrale de prévention de la corruption, Abdesslam Aboudrar, la question de la protection des témoins, des dénonciateurs, des experts et des victimes menacés pose au-delà des difficultés d’ordre juridique au moins deux problèmes qui sont autant de défis à relever. Le premier est d’ordre psychologique. Il a trait à l’appréhension qu’éprouve toute personne à se présenter spontanément devant la justice. Ce facteur est aggravé par le fait que le citoyen ne fait pas toujours confiance au système judiciaire. Le second est d’ordre culturel. En effet, la démarche de dénoncer la corruption est toujours conçue comme un acte négatif. Selon ce responsable, cette situation est en contradiction avec celle de certains pays dans lesquels la dénonciation est considérée comme une preuve de civisme et de citoyenneté.

 Repères
Objectif de la plateforme
  La plateforme vise à compléter la section V du Code de procédure pénale.
  Normes internationales
  La mise en œuvre de la plateforme harmonisera la législation nationale avec les dispositions de la Convention des Nations unies contre la corruption, ratifiée par le Maroc en 2007.

Justice : Le ministre expose les différents axes de la réforme

Inutile de le rappeler, l’un des grands axes de l’allocution de Sa Majesté a porté sur la réforme de la justice, qui sera désormais adossée à un nouveau concept mettant le citoyen au rang de priorité. Selon le ministre de la justice, Mohammed Taieb Naciri, qui est intervenu à l’ouverture de cette rencontre, la lecture du discours royal fait dégager sept objectifs attendus de la réforme.

Il s’agit d’assurer un cadre de proximité pour les justiciables, faciliter et accélérer les procédures judiciaires, assurer la transparence des jugements, moderniser les structures, garantir la transparence et l’objectivité des juges, encourager le développement et respecter la suprématie de la loi. D’après M. Naciri le département de la Justice a préparé, dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations royales, 23 projets de loi ayant trait aux différents aspects de la justice. Ces projets ont été soumis au Secrétariat général du gouvernement. Il s’agit notamment du projet de décret relatif au statut général du greffe, du projet de décret modifiant et complétant le décret fixant les indemnités et avantages alloués aux magistrats de grade exceptionnel et du projet de décret modifiant et complétant le décret fixant les avantages et les indemnités alloués aux magistrats de premier, second et troisième grades. Par ailleurs, le Conseil supérieur de la magistrature a procédé à l’affectation de 37 responsables juridiques lors de la tenue de sa dernière session.

Dans ce sens, il a prévu le recrutement de juges et fonctionnaires dans le but de surmonter le manque en ressources humaines.Par ailleurs, afin de garantir la transparence des jugements, la compétence des juges et le respect de la suprématie de la loi, le département a prévu la construction d’un nouveau siège pour l’Institut supérieur de la magistrature. Le département a annoncé également le renforcement des programmes de formation de base ainsi que des sessions de formation continue au profit des fonctionnaires.

Toujours dans le cadre de la réforme de la justice, le ministre a annoncé lors de cette rencontre, son intention de réorganiser l’organigramme de son département et de mettre en place une nouvelle institution en faveur des œuvres sociales destinée aux juges et aux fonctionnaires du ministère. « La modernisation des structures judiciaires et administratives passera aussi par la modernisation des systèmes informatiques dans tous les tribunaux et la mise en place de nouveaux systèmes nécessaires à la bonne gestion des affaires des justiciables et des procédures. Cette démarche contribuera à assurer la célérité nécessaire pour le traitement de chaque dossier dans les délais requis», indique M. Naciri.
Le chef du département de la Justice n’a pas omis dans son programme l’élaboration de nouveaux projets de loi relatifs aux tribunaux commerciaux en vue de soutenir l’investissement et encourager le développement économique. Les nouvelles réformes seront de nature, selon le ministre, à régler les différentes affaires commerciales en suspens et exécuter les jugements en relation dans les plus brefs délais.

Suivi des réalisations

«La nouvelle approche judiciaire et procédurale nécessite l’actualisation des textes, l’accélération de la cadence de législation et l’amélioration de l’action judiciaire à travers l’augmentation du nombre des fonctionnaires et des agents, la préservation de leur dignité, leur motivation, le renforcement des mécanismes d’exécution des jugements et la promotion de la formation. La mise en œuvre de ces axes nécessitera d’après le ministre, un suivi continu de la mise en œuvre de cette réforme. C’est l’objectif justement du nouveau plan d’action lancé par le département de la Justice, ce nouveau projet consistera à instaurer une stratégie de communication qui implique les différents acteurs et qui aura pour but d’assurer le suivi de près des différentes réalisations enregistrées dans le cadre de la réforme.

Par Yousra Amrani | LE MATIN

Conseil de gouvernement: Projets de décret adoptés

Le premier projet (n° 2-10-451) complète les décrets 2-96-793 et 2-96-804, promulgués le 19 février 1997 portant statuts particuliers des corps des professeurs-chercheurs de l’enseignement supérieur et des établissements de formation des cadres supérieurs.
Le deuxième projet de décret (2-10-337) porte sur la création de la zone franche d’exportation « Tanger Automotive City », sur une superficie de 178 hectares. Quant au troisième décret (2-10-379), il fixe les attributions et l’organisation du secrétariat d’Etat chargé de l’artisanat.

La Loi organique des finances : une nouvelle constitution financière

Le Parlement vient d’inaugurer sa première cession de l’année. Il aura bientôt à se pencher sur la loi de finances 2011 qui clôturera probablement le dernier budget de l’Etat à appliquer les dispositions de l’actuel cadre organique. La nouvelle «constitution financière» a été annoncée par l’argentier de l’Etat. Une révolution dans la gestion de nos finances publiques. Du moins, si sa mouture épouse les normes des réformes budgétaires mises en œuvre par de nombreux pays étrangers. Car la LOLF (loi organique relative aux lois de finances), ce n’est pas seulement une nouvelle nomenclature budgétaire et de nouvelles règles d’exécution de la dépense. Elle est aussi le levier d’une gestion plus efficace des moyens publics en substituant une logique des objectifs à celle de la reconduction des moyens. Elle est surtout le moyen de renforcer la transparence de la gestion budgétaire et la portée de l’autorisation parlementaire. Si dans un souci de modernisation et de responsabilisation des gestionnaires, l’exécutif disposera d’une souplesse de gestion accrue, en contrepartie, les gestionnaires doivent rendre compte de façon précise de leur gestion. Ainsi, le gouvernement et son administration s’engageront vis-à-vis du Parlement et de l’opinion sur des objectifs d’action publique, assortis d’indicateurs de résultats.

Le nouveau texte organique doit permettre de remédier aux deux faiblesses du cadre budgétaire actuel : le contrôle de l’efficacité de la dépense publique est lacunaire, les gestionnaires ne sont pas aujourd’hui tenus à un compte rendu mettant en évidence les résultats obtenus au regard des moyens mobilisés, et le Parlement reste cantonné dans une approche quantitative des budgets reposant sur le seul volume des crédits, sur leur taux d’évolution et leur taux de consommation. Malgré les efforts de globalisation entrepris depuis quelques années, le budget de l’Etat constitue toujours un cadre de gestion rigide et peu responsabilisant. Avec la nouvelle loi, les crédits seront regroupés au sein de programmes ministériels fongibles au sein desquels les crédits pourraient être déployées par les gestionnaires.

La LOLF devrait viser en outre à mieux assurer l’exercice du pouvoir budgétaire du Parlement, en restaurant la portée de l’autorisation budgétaire qu’il accorde, en accroissant la lisibilité et la sincérité des documents budgétaires pour permettre  un meilleur contrôle et en établissant un calendrier favorisant l’exercice de la fonction budgétaire du Parlement tout au long de l’année.

La LOLF devrait institutionnaliser le débat d’orientation budgétaire qui doit être le moment d’un premier compte rendu sur l’exécution de la loi de finances de l’année précédente. Au stade de la préparation, du dépôt et de l’examen de la loi de finances, l’information transmise au Parlement serait accrue, l’incidence des dispositions affectant les ressources ou les charges de l’Etat serait évaluée. Le projet de règlement devrait s’accompagner du compte général de l’Etat et d’une évaluation des engagements hors bilan de l’Etat. La Cour des comptes serait investie d’une nouvelle mission de certification des comptes de l’Etat. Le Parlement serait plus étroitement associé à l’exécution budgétaire via des procédures d’information sur les mouvements réglementaires de crédits intervenus pendant l’année en cours, sur les motifs des dépassements de crédits évaluatifs. Les pouvoirs du Parlement lors du débat budgétaire seraient accrus, notamment en matière de vote des crédits, de droit d’amendement. Les pouvoirs et les missions des commissions des finances seraient élargis, en les investissant de la charge de suivre et de contrôler l’exécution des lois de finances et de procéder à l’évaluation de toute question relative aux finances publiques.

Pour tenir toutes ses promesses, pour ne pas se contenter de changer dans la forme, le débat sur la configuration de la LLOF doit associer toutes les parties prenantes, à commencer par les parlementaires eux-mêmes. Les nouvelles méthodes de travail dictées par la LOLF concernent autant les acteurs du monde politique que ceux du monde administratif. Elles peuvent susciter de nouvelles manières de faire de la politique, et de nouvelles manières de la traduire en actes quotidiens. La réforme portée par la LOLF intéresse en premier lieu le cœur du processus de démocratisation des institutions, la relation entre le Parlement et le gouvernement. Certes, la procédure budgétaire n’est qu’un aspect de la relation entre le Parlement et le gouvernement. Mais elle touche fondamentalement la capacité d’agir de l’Etat et peut être révélatrice d’une conception de la démocratie. La LOLF n’est pas destinée à changer les attributions du gouvernement et du Parlement, mais son but est de mettre fin à une interprétation de la Constitution transformant le Parlement en «chambre d’enregistrement» du budget. C’est véritablement là que se situe l’enjeu de la LOLF et que se décidera son succès ou son échec. Nos élus ont-ils conscience de cet enjeu ? De ce point de vue, la LOLF apparaît comme une «opération vérité» sur la capacité du Parlement à initier un rééquilibrage entre pouvoir législatif et pouvoir exécutif dans la procédure budgétaire.

Interdiction totale des sacs en plastique non dégradable à partir de janvier 2011

Un an après la publication au Bulletin officiel de l’arrêté portant obligation de la norme 11.4.050 relative aux emballages en matière plastique, interdisant entre autres l’utilisation de colorant noir dans la fabrication desdits emballages, il semble que chacun ait pris ses responsabilités puisque «le sac noir a disparu du paysage marocain», selon Abdellah Nejjar, directeur de la normalisation et de la promotion de la qualité au sein du ministère du commerce. Et voilà qu’un texte de loi publié au Bulletin officiel du 5 août 2010 vient renforcer la lutte contre cette nuisance, autant environnementale que visuelle. La loi 22-10 interdit ainsi «la fabrication pour le marché local des sacs et sachets en plastique non dégradable ou non biodégradable, leur importation, leur détention en vue de la vente, leur mise en vente, leur vente ou distribution à titre gratuit».
A noter toutefois que «sont exclus les sacs et sachets à usage industriel, agricole et ceux destinés à la collecte des déchets». Les textes d’application relatifs à cette loi devraient être publiés dans les prochaines semaines et la loi sera applicable au 1er janvier 2011. De quoi ravir les professionnels de la technologie de biodégradation, à l’image de ceux qui se sont lancés dans l’importation d’additifs permettant de rendre le sac plastique dégradable. C’est le cas particulièrement de la société Greenberry qui, en partenariat avec Symphony Environmental, commercialise auprès des fabricants depuis la fin 2009 des additifs de dégradation à base d’oligo-éléments issus du milieu naturel. La société accompagne également les industriels dans la phase de conversion du process de fabrication. Introduits à des concentrations très faibles lors de la fabrication du film standard, ces additifs rendent le sac final dégradable en présence d’oxygène et sous l’effet de la chaleur soit, en termes scientifiques, une dégradation par oxydation thermique ou photochimique.

La grande distribution et la pharmacie sont plus réactives

Le basculement des producteurs locaux formels ne se fait pas attendre. Selon Edwin Sluismans, DG de Symphony Environmental, «deux secteurs ont d’ores et déjà basculé vers l’utilisation de sacs en plastique dégradable». Il s’agit de la grande distribution et de la pharmacie. Consommant chacun 5% de la production totale de sacs en plastique, soit 600 millions de sacs à eux deux, ces deux secteurs auront rapidement compris l’enjeu éthique de la démarche, motivant ainsi les professionnels de la plasturgie à se convertir aux nouveaux process de fabrication, selon M. Sluismans. Désormais, la grande distribution ne fournit à ses clients que des sacs oxo-dégradables. En ce qui concerne le secteur de la pharmacie, ce sont les gros distributeurs, tels Cooper Maroc, qui, via leurs revendeurs, introduisent le concept de distribution de sacs oxydables.

Doublement des sanctions pour les récidivistes

D’après les tests de suivi effectués par Symphony Environmental, «le sac final est bel et bien oxo-dégradable», confirme M. Sluismans. «Bien que nous soyons un intermédiaire entre le fabricant d’additifs et le producteur de plastique, nous avons toujours une raison d’être au Maroc puisque 90% des besoins restent à convertir en plastique dégradable ou biodégradable», poursuit-il. Ces 90% ne sont pas à chercher uniquement dans le secteur informel puisque la distribution peu structurée (boutiques de quartier, commerce traditionnel de proximité…) doit encore se mettre en conformité avec la nouvelle réglementation. Il est vrai que le contexte et la volonté politique sont présents pour obliger les fabricants à basculer vers la fabrication de sacs en plastique dégradable. Même si l’additif ajoute un coût de fabrication de 10% en moyenne, l’image que véhicule par la suite le distributeur est un atout qui n’a pas de prix.
De toute manière, il faudra faire vite puisque la loi 22-10 prévoit des sanctions lourdes à l’encontre des contrevenants, ce qui n’était pas le cas avec la norme 11.4.050. «Quiconque fabrique pour le marché local des sacs et sachets en plastique ne respectant pas les prescriptions prévues par la présente loi et les textes pris pour son application est puni d’une amende de 200 000 DH à 1 MDH», prévoit l’article 10.
De même, «quiconque détient en dépôt des sacs en plastique ne respectant pas les prescriptions prévues par la présente loi et les textes pris pour son application est puni d’une amende de     200 000 à 500 000 DH».  En cas de récidive, le montant des amendes est doublé. La loi prévoit, outre l’obligation de «marquage individuel ou de l’impression sur ces sacs et sachets», des «indications relatives à la composition, les caractéristiques techniques et la destination finale» de ces sacs et sachets. L’absence de marquage est punie d’une amende de 20 000 à 100 000 DH. De quoi décourager les plus réfractaires. Reste que la campagne de sensibilisation auprès des particuliers est toujours dans les tiroirs du département de l’environnement.

A.S.M

Vente en l'Etat Futur d'Achèvement: Appels pour une nouvelle loi

 

Le débat organisé ce mardi 12 octobre à Casablanca par le Club Entreprendre sur le thème « VEFA: vers une loi applicable et transparente » tentait d’expliquer pourquoi cette loi adoptée en octobre 2002, et censée réglementer les ventes de biens immobiliers sur plan, reste peu appliquée 7 ans après son entrée en vigueur en 2003. Les professionnels estiment en effet à 15% le taux de transactions conclues en VEFA.
Différents intervenants du secteur, notaires, promoteurs immobiliers, ministère de l’Habitat, et association de protection des consommateurs, nous confient ce qu’ils en pensent. Points de vue.
Mohamed Alami, Président délégué du Conseil national des notaires
L’acte préliminaire par acte authentique doit être respecté sous peine de nullité, mais également sous peine de sanction. Les sanctions doivent être applicables pour ceux qui ne respectent pas cet article de la loi (art. 618-3), sous forme d’amende, ou pourquoi pas des sanctions pénales. Un autre article précise que pour faire une prénotation, l’acquéreur nécessite l’accord du vendeur (art. 618-10). Ce qui n’est pas normal: on ne peut pas demander à quelqu’un son accord pour le mettre en justice, ça ne colle pas.
Autre chose, l’article 618-9 concerne l’obligation du vendeur ou promoteur de constituer une caution. Elle suppose que le vendeur ou le promoteur doit se rendre à la banque et payer une commission pour recevoir une caution pour les acomptes versés. Mais souvent, les promoteurs qui vendrent des biens immobiliers ne veulent pas fournir cette caution. Ils préfèrent passer par l’acte de réservation qui est considéré comme acte nul.
Rbaibi Abdelkader, vice-président de l’Association marocaine de protection et orientation du consommateur à Kénitra
Nous avons reçu des requêtes de consommateurs sur l’acquisition. L’acquéreur donne une avance au promoteur, mais -on se souvient, il y a deux ans environ, les prix de l’immobilier étaient hauts-, le promoteur rend l’argent à l’acquéreur sous prétexte qu’il est arrivé trop tard et vend à une autre personne.
Ce qui manque à cette loi VEFA, ce sont des mesures coercitives. Le promoteur est normalement tenu de fournir des garanties. Par exemple, indemniser l’acheteur si le contrat est annulé. Au sujet de la garantie décennale, elle ne concerne que le gros œuvre, alors qu’il ne concerne que 40% de la valeur d’une habitation. Pour les 60% restants -peinture, tuyauteries…-, nous n’avons aucune garantie.
Autre point très important: on doit remettre à l’acheteur, en même temps que les clés, les plans de recolement du logement (implantation réseaux et installations électriques). Si j’ai une fuite chez moi, je ne dois pas avoir besoin de casser tous les murs pour trouver sa provenance! Si je veux accrocher un tableau, je ne dois pas tomber sur un fil électrique! L’acquéreur doit être couvert, car en général, c’est un profane en construction.
Lahlou Mouna, directrice de la promotion immobilière auprès du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’espace.
Un projet de loi est en préparation, mais nous ne pouvons pas dire ce qui va changer car nous sommes encore en phase de concertation.
Depuis 2002, l’application de la loi sur la VEFA n’a pas été très concluante. Enormément de problèmes existent encore dans la relation entre le promoteur et l’acquéreur, parce qu’ils ne font pas appel à cette loi. Les promoteurs nous ont envoyé leurs propositions. Elles se rapportent à tout ce qui est garanties, cautions, pénalités de désistement de l’acquéreur… Nous les avons étudiées au Ministère, et nous avons jugé que certaines choses doivent absolument rester, car elles garantissent le droit de l’acquéreur.
Sur d’autres, nous pouvons effectivement apporter un assouplissement pour permettre une plus grande fluidité dans les financements, car dans l’état actuel, ce système pénalise les promoteurs. Nous avons consulté des notaires, et avons proposé un certain nombre d’amendements qui vont être discutés avant la fin de l’année, en concertation avec toutes les personnes concernées par la question: les assureurs, les banquiers, les notaires, les consommateurs…
Mais en attendant, je pense que la loi doit être appliquée.
Khayatey Rachid, vice-président de la Fédération Nationale des Promoteurs Immobiliers (FNPI) et président de la Commission normalisation et développement durable
Cette loi a été revendiquée par les promoteurs dès 2000. Il y a eu une concertation avec les professionnels, mais nous avons tous été surpris par les articles de cette loi. On a essayé de recopier et contextualiser la VEFA française, et nous nous sommes retrouvés avec une loi vide de sens. Avant 2003, toute vente était interdite avant la production du permis d’habiter et du titre foncier. C’était un blocage aussi bien pour les promoteurs immobiliers que pour les acquéreurs.
Nous attendions de cette loi qu’elle stimule le secteur immobilier, qu’elle renforce l’arsenal juridique, mais nous nous sommes retrouvés avec une loi au mécanisme lourd.
Elle apporte tout de même des points positifs. Au sein de la FNPI, nous incitons nos membres à appliquer la VEFA, comme le veut notre charte éthique. Cette loi apporte transparence et moralisation au secteur immobilier, elle dynamise les ventes car le client est assuré, elle fait bénéficier le promoteur des avances des clients, dont on peut tenir compte dans le montage financier pour réduire le prix de vente, elle permet à l’acquéreur d’obtenir des crédits… Normalement, elle est aussi censée protéger le promoteur de tout abus de prénotation.
Certains points font cependant qu’elle est difficile à appliquer, surtout pour les petits et moyens promoteurs. Elle demande une gestion très, très lourde. Il faut tout un staff administratif dédié à la production des documents nécessaires à chaque vente. Ça doit être allégé, en déposant par exemple un dossier chez un notaire, que tout acquéreur pourrait consulter.
Ensuite, elle donne le droit de substitution, c’est-à-dire que vous pouvez acheter, puis revendre, sans que le promoteur puisse dire quoique ce soit. C’est la porte ouverte à toutes les spéculations.
Cette loi ne prévoit pas de certificat de parfait achèvement. Elle n’a pas prévu d’homme de l’art, notamment un architecte, qui donnerait une attestation de parfait achèvement.
Le point le plus grave reste la pénalité de retard de 1% par mois. Cette loi ne prévoit aucun cas de force majeure, contrairement à toutes les lois du monde: il y a pourtant des intempéries, des ruptures de stock, des grèves! Je parle là pour les promoteurs de bonne foi.
Enfin, cette loi ne prévoit rien pour la restitution de la caution produite par le promoteur.

Laïla Ziraoui

Quel droit devons-nous appliquer pour le cybermonde?

 Certains l’appellent cybermonde, d’autres cyberespace ou même infosphère. Plus couramment, on parle aujourd’hui plutôt d’Internet, du Web et des nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Comme vocable, le cybermonde est une invention des pères fondateurs de la nouvelle science-fiction (William Gibson, Dan Simmons). Il définit notre monde actuel et ses données numérisées. Il a pris la forme d’un univers d’information et de communication lié à l’interconnexion consensuelle et globale de nos ordinateurs et de nos téléphones.
Le droit ne pouvait rester étranger à cette révolution et à cette connexion à une infinité de lignes, d’échanges, d’offres et de demandes. D’abord lui-même ne pouvait être qu’affecté en tant que régulateur des échanges de toutes sortes. Ensuite, il devait, par nature, investir ce monde pour répondre au rôle qui lui est naturellement assigné. Un rôle qu’il doit continuer de jouer ne serait que pour assurer un minimum de sécurité juridique aux centaines de milliers d’opérateurs et autres centaines de millions d’usagers de cet espace.
Or, si tel est le cas, un constat s’impose. Par rapport à la déferlante des innovations de la technologie et de l’information, le droit tarde à réagir, et à cette lenteur, il ajoute la complexité croissante des normes qu’il a générées à l’occasion de cette nouvelle donne (E Montero: Internet face au droit, ed. Bruyant, 1997).
Le droit s’en trouve donc d’ores et déjà et à la fois, contourné, submergé, bouleversé. Nombre de ses repères sont bousculés, son identité même est remise en cause. Les concepts sur lesquels il s’est traditionnellement construit sont remis en question. Les changements technologiques surabondants produisent en pratique des effets et provoquent des mutations telles que le droit classique arrive, de plus en plus mal, à cerner. Le législateur marocain s’est vu ainsi amené à essayer, mais de façon très embryonnaire, de s’adapter en promulguant deux lois modifiant le code des obligations et contrats (loi 53- 05 sur l’échange informatique des données) et le Code pénal (loi 07-03 relative au traitement automatique des données).

Logique mondialisée

Les innovations en question sont en général d’ordre universel et transnational. Le droit, de son côté, demeure plutôt territorialisé. Sa délimitation confinée à l’intérieur d’un espace délimité s’adapte mal à la logique mondialisée du cybermonde, puisque celui-ci ignore toute notion de frontières politiques, historiques, idéologiques, ethniques ou autres. A cela s’ajoute aussi le fait que le droit se complexifie lui-même en raison de la multiplication de ses nouvelles sources à la fois externes et internes. Cette complexification entraîne un floutage de ses dispositions législatives et réglementaires. Elle rend, par conséquent, l’interprétation du droit souvent risquée pour la protection des usagers et surtout des justiciables.
Aussi, face à cette nouvelle technologie et la «nouvelle économie» à laquelle elle a donné lieu et qui lui est liée, le droit est devant un triple défi: celui de tenir le rythme devant les innovations créées par le cybermonde, celui d’offrir des normes adéquates et adaptées à la nouvelle situation et enfin, celui d’éviter la complexification de son propre contenu pour être réellement opérationnel.
D’évidence, se cloîtrer dans sa territorialité n’est plus aujourd’hui envisageable pour le droit. Le cyberespace requiert un cyberdroit. A l’image de son objet et des sujets qu’il est appelés à régir, il ne lui reste que la solution de l’évolution, de l’ouverture et de la mondialisation. Cela n’est pas forcément une fâcheuse fatalité! Et si cela était, elle le serait pour qui? L’ouverture est plutôt une chance; une opportunité pour moderniser et mettre à niveau, du moins, ses aspects qui gouvernent le monde des affaires, l’intervention de l’Etat dans l’économie, le droit monétaire, le crédit et la banque, la propriété intellectuelle et industrielle, le droit de la concurrence, le commerce international…
(V. Sedaillan: Droit de l’Internet, AUI, 1997).
Cette ouverture n’est certes pas dépourvue de risques, notamment en matière d’harmonisation des législations nationales, des difficultés d’applications des décisions judiciaires ou vis-à-vis de la prolifération des normes de diverses natures. Plus, cette ouverture et la conciliation entre l’ultra rapidité des changements technologies et la lenteur du corpus légal à évoluer, ne sont pas pour l’instant à l’ordre du jour. Tel est le constat.
La problématique dès lors se pose dans les termes suivants. Y aurait-il, si tel est le cas, à rechercher une dynamique alternative pour consacrer une sécurité juridique susceptible de protéger les intérêts légitimes de ces intervenants, opérateurs et usagers qui se comptent par centaines de millions dans le cybermonde.

A la recherche d’une sécurité juridique

Historiquement, la dynamique interne du droit commercial, à titre d’exemple, a déjà eu affaire à ce genre de situation. Elle est à l’origine du procédé qui a donné naissance à la lex mercatoria (ou loi des marchands) qui, durant des siècles, a produit un droit régulateur et adapté aux exigences du commerce. C’est un droit qui émane des milieux professionnels plus que des autorités publiques. Il a, de ce fait, tendance à réguler au mieux les intérêts des milieux dont il est issu.
Selon la même logique mais du point de vue judiciaire, pour contourner les longues procédures judiciaires, incertaines et parfois coûteuses, l’arbitrage s’est présenté comme une solution alternative de plus en plus sollicitée dans les milieux d’affaires, surtout à l’international.
Pour la «nouvelle économie» et le cyberespace, ces deux procédés que sont le recours à un droit issu directement des usages des commerçants et le recours à l’arbitrage de préférence aux procès classiques, constituent sans doute la voie la plus prometteuse. En tout cas, la «nouvelle économie» liée à l’informatique par définition mondialisée, place ses opérateurs et ses intervenants devant des problèmes inédits. Des problèmes auxquels le droit traditionnel n’a pas ou a du mal à trouver des solutions acceptables et opérationnelles.
Souvent encore, ce droit est démuni devant entre autres la cybercriminalité, le piratage des données, l’atteinte à la vie privée, les téléchargements illégaux, la protection du droit de propriété. On est souvent à l’égard de ces catégories devant «un monde de non-droit», sinon presque toujours en zone de vide juridique.
Sans conteste, l’exemple emblématique à ce sujet est la protection de la propriété intellectuelle en matière de logiciels où des entreprises sont devant des législations nationales ou internationales insuffisantes. Et, on peut en dire plus pour les transactions financières et commerciales par Internet à l’égard desquels le monde des affaires est passé sans transition du formalisme pointilleux et du support papier comme preuve, à pratiquement l’absence totale de formalisme par le biais de l’informatique.
C’est à ce titre que le rappel historique de la lex mercatoria est utile. Elle a permis aux intervenants et opérateurs concernés de prendre leurs affaires en main et de créer leurs propres usages pour protéger leurs droits et asseoir leurs procédures transactionnelles.
Aujourd’hui, ces usages sont renforcés parallèlement par des moyens technologiques. Ils s’appuient sur des solutions techniques efficaces pour contrecarrer les techniques de piratage ou de violation de la propriété intellectuelle et industrielle et des droits voisins. Ces moyens ont pour nom cryptage, mise à jour en ligne régulière, spyware…
La doctrine appréhender
a sans doute cette évolution de la même manière qu’elle avait conceptualisé la lex mercatoria. Entre le rejet de certains puristes qui n’y verraient qu’un ensemble de coutumes commerciales insaisissables et incontrôlées, fruit d’un pouvoir privé dominant et la position d’autres juristes plus pragmatiques qui préconisent le libre choix des intéressés pour organiser leur cybermarché, c’est la pratique qui finira par trancher. Elle rejettera les règles inappropriées et sauvegardera les règles nécessaires et utiles. C’est en fait toute l’histoire du droit commercial. Dans cette discipline, la pratique commence par expérimenter des règles issues de l’usage, la doctrine les conceptualise, la jurisprudence en tient compte et le droit étatique enfin finit par les consacrer. Souvent en les modulant en fonction de ses propres impératifs.


La lex informatica, nouvelle discipline juridique

Avant, il fallait parfois des siècles pour innover une procédure marchande. Aujourd’hui, en peu de temps, le cybermonde et Internet peuvent être de formidables terrains d’essai pour inventer et mettre en œuvre de nouvelles solutions susceptibles de régler des problèmes juridiques essentiels. Des règles contractuelles innovantes ont au fur et à mesure (c’est le cas de le dire), émergé et ont été affinées pour combler les vides juridiques en matière de transactions électroniques de toutes sortes. Sont apparus ainsi des codes éthiques et des règles de bonne conduite acceptées spontanément par la cybercommunauté.
Le neniquette en est un exemple; sans avoir été imposé d’autorité par aucun ordre juridique classique. Des tribunaux ont de même été instaurés et proposés directement sur Internet. Des services d’arbitrage et de médiation ad hoc sont proposés en ligne. C’est le cas de Cyberjustice, du Virtual Magistral, de l’Online Ombuds Office. Ces instances proposent un formidable gain de temps et d’argent comparées aux recours devant les tribunaux nationaux traditionnels.
Des enquêtes montrent que les sentences et décisions émanant de ces instances en ligne sont plutôt respectées par la cybercommunauté. Plus, le secteur de la cyberjustice semble progresser et des entreprises qui proposent leurs services en ce domaine ont réussi au point d’être cotées en Bourse.
Dans le cybermonde, c’est donc le concept même de la lex mercatoria qui paraît évoluer pour s’adapter à ce nouvel espace. Certains délaissent d’ailleurs cette appellation de lex mercatoria pour parler déjà de la lex electronica ou lex informatica. Ce serait, en somme, un droit nouveau, transnational, créé directement par la cybercommunauté. Un droit d’origine privé, nécessaire pour répondre aux besoins des transactions électroniques et de la vie informatisée.

Mohamed Larbi Ben Othmane

Projet de loi de Finances Informel: Identification contre amnistie

 LE projet de loi de Finances 2011 qui a fait exceptionnellement l’objet de deux conseils du gouvernement hier mardi et ce mercredi 13, apporte un lot de bonnes surprises sur le plan fiscal. Sans être spectaculaires, les choix du gouvernement ont privilégié des mesures structurantes à travers des dispositifs d’accompagnement des réformes (Place financière de Casablanca) et la lutte contre l’économie informelle et plus globalement, contre la dissimulation de la base de l’impôt. Ces deux axes apparaissent clairement dans l’économie du paquet fiscal du texte.
Comme L’Economiste l’avait annoncé, un régime exceptionnel a été aménagé pour les petites entreprises dont le chiffre d’affaires hors taxes est inférieur à deux millions de dirhams. Celles qui sont assujetties à l’IS seraient soumises à un taux de 15% sur leur résultat. Le gouvernement parie sur l’effet incitatif de la prime à la transparence à ces entreprises de manière à les pousser vers plus de sincérité de leurs déclarations fiscales. La mesure reste malgré tout de portée limitée car la population des entreprises de cette taille relevant de l’IS est trop restreinte. L’élargissement aux TPE assujetties à l’impôt sur le revenu aurait eu plus d’impact, mais son coût immédiat en recettes fiscales a dû faire reculer le ministère des Finances. Toujours pour l’informel, à toutes ces petites entreprises qui n’ont pas d’état civil au Fisc, le gouvernement propose un deal : sortir de la clandestinité et en échange, il sera fait table rase de leur passé. En fait, une forme d’amnistie pour les années de clandestinité. La transparence a un prix.
Deux de vieilles requêtes des entreprises et du secteur financier trouvent enfin grâce auprès du gouvernement. Le Plan d’épargne action (PEA) et le Plan d’épargne logement (PEL), deux outils de mobilisation de l’épargne longue, se voient aménager des incitations particulières sous forme de franchise d’impôt sur les revenus générés. Ces dispositifs ciblent essentiellement les classes moyennes. Dans le premier cas, l’épargne constituée sous forme d’actions cotées à la Bourse de Casablanca (par les sociétés de droit marocain) serait exemptée d’impôt sous réserve d’être conservée pendant cinq ans et ne pas dépasser 600.000 dirhams.
Le Plan épargne logement (PEL) bénéficiera aussi d’une mesure d’exonération sur les intérêts générés s’il est destiné au financement de l’acquisition de l’habitation principale du bénéficiaire. Le plafond défiscalisé est fixé à 300.000 dir-hams. Dans les pays où il a été décliné, le Plan d’épargne logement a été un puissant levier de motivation et de fidélisation des cadres. En fait, il s’agit d’un complément de salaire sous forme d’épargne. En Europe et aux Etats-Unis, les opérateurs télécoms et plus généralement, les entreprises des nouvelles technologies ont largement recouru à cet outil pour persuader leurs meilleurs éléments de ne pas succomber aux sirènes de la concurrence. Concrètement, l’employeur supplée à l’effort de ses collaborateurs en leur versant une contribution convenue à l’avance et variable selon le niveau de responsabilité. Il reste à la CGEM qui a longtemps réclamé ce dispositif de le vendre auprès de ses adhérents. Par ailleurs, pour les promoteurs immobiliers, la mise en place du PEL devrait élargir la population des acquéreurs potentiels et atténuer la contrainte de l’avance qui freine encore l’accès au financement du logement pour une catégorie de salariés.
Dans le processus de restructuration des PME, il est institué la neutralité fiscale pour les opérations de transformation des entreprises individuelles en société. La mesure avait déjà été inscrite dans la loi de Finances 2010, mais la fiscalisation des plus-values constatées sur l’apport des éléments d’actif non amortissables pouvait décourager les candidats potentiels. Le projet de finances 2011 vient do corriger cette anomalie. Selon les spécialistes, ce dispositif pourrait s’avérer un outil d’accompagnement pour le processus de transmission d’entreprises, notamment pour les PME dont les fondateurs n’ont personne pour le passage de témoins. Tout un marché existe dans ce domaine notamment dans les professions libérales, voire dans le petit commerce.
La clarification de la notion de début d’activité pour les investisseurs signataires de conventions d’investissement va enfin endiguer une des grosses sources de contentieux avec l’administration fiscale. Dans le projet de loi de Finances, il est stipulé que la date de début d’activité correspond à celle du premier acte commercial qui coïncide avec la première acquisition des biens et services à l’exception de frais de constitution des sociétés et des premiers frais nécessaires à l’installation.

Abashi SHAMAMBA 

Sable: Comment sécuriser l'approvisionnement.Une nouvelle loi sur les carrières

L’activité de l’exploitation des carrières n’échappe pas à l’informel et à des pratiques illégales. Pour mettre de l’ordre dans le secteur, le gouvernement avait promulgué en 2002 la loi 08-01, relative à l’exploitation des carrières. Mais la loi n’a jamais pu être appliquée sur le terrain faute d’un texte d’application. La loi ne faisait pas non plus l’unanimité auprès des différents opérateurs. Des tractations avaient été menées entre le ministère de l’Intérieur et la Fédération nationale des BTP (FNBTP). Et au cours de l’été dernier, des opérateurs ont constitué l’Association des producteurs de granulats pour appeler à une grève le 10 juin dernier. En cause, certaines conditions jugées rédhibitoires pour les professionnels, telles que le versement d’une caution bancaire, etc. Mais la grève n’a pas eu lieu finalement. Les discussions entre la FNBTP et les pouvoirs publics ayant abouti à un accord. Une circulaire a été publiée le 14 juin par le Premier ministre. «Elle a pour objectif de préciser les modalités d’ouverture d’une carrière et de clarifier les procédures d’attribution», explique Abdelaziz Dahbi, président de l’Association marocaine des routes. La circulaire instaure une autorisation préalable sur la base d’un cahier des charges. La circulaire prévoit également la rationalisation de l’exploitation des carrières de sable ainsi que la mise en place d’outils de contrôle et de suivi des activités des exploitants de carrières. Des mesures visant à interdire les carrières sauvages et à prévenir le pillage du sable ont également été prévues. En fait, il s’agit de mesures transitoires prises en attendant l’adoption d’une nouvelle loi relative à l’exploitation des carrières. Une loi qui, selon l’exploitant d’une carrière, serait sur la table du Secrétariat général du gouvernement. Elle viendrait remplacer la loi 08-01 de 2002.
Parmi les documents exigés pour l’ouverture d’une carrière, une étude d’impact environnemental, délivrée par le ministère de l’Equipement et du Transport (MET) ou ses directions régionales. Si une carrière est située sur le domaine public maritime, l’exploitant devra respecter les dispositions légales (loi 10-95 et le décret 2.97.489) relatives à l’eau. Les dossiers sont déposés contre récépissé auprès des services du MET. L’autorisation est délivrée après étude par la Commission provinciale des carrières. Dans les cas des carrières situées sur le domaine public appartenant aux Eaux et Forêts, au ministère des Habous, aux terres collectives, le récépissé de déclaration n’est délivré qu’après signature d’un contrat de bail ou lobtention des autorisations nécessaires.
Pour rationaliser les carrières, la circulaire interdit l’ouverture de nouvelles carrières à moins de 500 mètres des sites protégés, des environs ou autour des infrastructures de base ou près des équipements publics. Les opérateurs doivent également respecter l’environnement ainsi que les conditions de sécurité d’exploitation et de contrôle. Les carrières devront être reliées au réseau routier par une voie convenable à la circulation des camions, comportant la signalisation nécessaire. De plus, un mur de clôture devra être édifié autour de la carrière. Le site d’exploitation doit également comporter une plaque signalant la nature de l’activité, le numéro et la date d’autorisation. Il doit être équipé d’un pont bascule pour contrôler les volumes de sable extraits. Une mesure destinée à instaurer la transparence dans les rentrées des professionnels. La provenance du sable fait également partie des éléments contrôlés. Ainsi, il est interdit d’extraire du sable de dunes situé dans le patrimoine forestier, au domaine public, les plages…
Un contrôle périodique est prévu, via des photos aériennes et les satellites pour suivre l’évolution des sites et déterminer ceux qui font l’objet d’une surexploitation. Le texte prévoit également la création d’une commission au niveau national et régional des carrières ainsi que d’équipes chargées du contrôle dans les régions. Ces équipes peuvent effectuer des visites in situ pour vérifier le respect des dispositions de la loi. En l’absence d’un observatoire, la commission nationale des carrières procédera à des études pour évaluer les besoins du marché en matériaux de construction.


Polémique

Si la loi 08-01 traite de l’exploitation des carrières en général, la circulaire de la Primature, elle, porte uniquement sur celles dédiées à l’extraction de sable. «Au moment où l’on s’attendait à la publication des textes d’application de la loi sur l’exploitation des carrières, nous avons été surpris par cette circulaire du Premier ministre», déclare un membre de l’Association des producteurs de granulats, qui requiert l’anonymat. De plus, selon cet opérateur, «contrairement à une loi, une circulaire n’est pas opposable au tiers». Toujours est-il que la circulaire intervient dans un contexte d’élaboration de la Charte nationale de l’environnement.

Hassan EL ARIF

Plan Vert: Ce qui reste à graisser

Le plan Maroc Vert avance à grands pas. Le constat a été dressé par Aziz Akhannouch, le ministre de l’Agriculture, mercredi à Skhirat lors de la 2e réunion du Comité mixte de suivi. Satisfecit largement partagé par les chefs de file des différentes filières contractantes avec le gouvernement. Et pour cause! Les grandes avancées enregistrées dans la mise en œuvre de la stratégie agricole. Et avec une grande célérité. Ceci, aussi bien aux niveaux législatif et institutionnel qu’à celui de l’incitation à l’investissement. Reste à mettre au diapason les autres courroies de transmission. En attendant, le rapport du Comité mixte de pilotage dénommé «Project management office» (PMO) est éloquent. «Cette instance, qui regroupe des représentants du gouvernement et des partenaires privés, joue pleinement son rôle», se félicite le ministre. D’abord, en tant que support stratégique pour s’assurer de l’adéquation du processus d’implémentation de la stratégie. En s’acquittant, ensuite, de la gestion du portefeuille de contrats- programmes et du suivi de leur état d’avancement. Mais au-delà, des résultats concrets sont d’ores et déjà palpables sur le terrain. Ils se traduisent par l’importance des investissements injectés dans les différentes filières agricoles.
Pas moins de 14 projets, d’une enveloppe globale de 2,5 milliards de DH, ont été lancés dans la filière agrumicole. Celle du lait a enregistré le lancement effectif de 4 projets totalisant un investissement de 1,2 milliard de DH. Il en est de même de la filière oléicole qui a bouclé 6 projets pour une enveloppe de 700 millions de DH. Le maraîchage, viandes rouges et avicoles ne sont pas en reste. Pour la première filière, le montant des investissements se chiffre à près de 310 millions de DH. Alors que les secteurs des viandes rouges et avicoles ont investi respectivement 306 et 50 millions de DH. Pour ce qui est de la filière céréalière dont la création de l’interprofession remonte à peine à quelques mois, elle a aussi lancé 2 grands projets pour une enveloppe de 54 millions de DH. Le tout a été bien évidemment stimulé par le Fonds de développement agricole dont la refonte a été menée à bon port. «Mais pour probantes qu’elles soient, les avancées enregistrées doivent inciter à plus de mobilisation aussi bien de la part des autres départements ministériels concernés que des professionnels», a souligné le ministre. Surtout que la composante régionale de la stratégie agricole nécessite une coordination sans faille.
Dans la continuité des actions entreprises pour soutenir l’investissement, 2 projets à fort impact sur le secteur agricole ont été annoncés. Il s’agit de la restructuration du système de vulgarisation. Ce projet a pour objectif le transfert des technologies via l’encadrement des agriculteurs. A cet effet, une organisation cible est à l’étude. Elle prévoit les structures, leur rôle, leurs moyens et leur articulation. Son financement a déjà fait l’objet d’une démarche de la tutelle auprès du département des Finances.
L’autre projet tient à la création du cadre juridique de l’interprofession. Jugée révolutionnaire par Ahmed Ouayach, président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural, la loi se trouve déjà dans le circuit réglementaire pour son adoption par le gouvernement. Elle vise l’instauration d’un cadre juridique et institutionnel permettant la reconnaissance de l’interprofession en tant qu’entité. Dans l’objectif d’asseoir la bonne gouvernance, mais aussi d’assurer des ressources permanentes aux interprofessions. D’autres chantiers seront aussi bouclés en 2011. A commencer par l’assainissement des circuits de commercialisation au niveau du marché local. Sans occulter l’adaptation aux exigences de la commercialisation à l’extérieur. Car, il s’agit d’accompagner l’évolution attendue de l’offre agricole. Se range dans ce cadre, le lancement d’une stratégie marketing en faveur des produits du terroir. L’objectif est de valoriser ce patrimoine sur le marché intérieur et d’en créer l’identité «Terroir Maroc» sur les débouchés d’exportation. Et le dispositif sera complété par la mise en place d’un système d’assurance agricole à même d’accompagner le secteur selon ses nouveaux plans d’actions. Reste enfin, la refonte de la recherche/développement qui doit constituer la priorité en 2011.


Ateliers

Les travaux des ateliers ont été principalement consacrés aux réformes des circuits de commercialisation des fruits, légumes et viandes (rouges et avicoles). Histoire d’impliquer plus étroitement les professionnels à ces chantiers. Le volet logistique et commercialisation a été aussi examiné pour ce qui est des filières agrumicole, maraîchère, céréalière et oléicole. Mais pour l’ensemble, l’accent a été particulièrement mis sur la valorisation.

A. G.