Justice : l'obligation de traduire les documents en arabe, une fausse bonne idée ?

Justice : l'obligation de traduire les documents en arabe, une fausse bonne idée ?

Sauf décision contraire du juge, tous les documents et pièces soumises au tribunal devront être en arabe ou traduites en cette langue. Même tempéré, l’article 14 de la nouvelle loi sur l’organisation judiciaire ne rassure pas les praticiens du droit.

Sauf décision contraire du juge, tous les documents et pièces soumises au tribunal devront être en arabe ou traduites en cette langue. Même tempéré, l’article 14 de la nouvelle loi sur l’organisation judiciaire ne rassure pas les praticiens du droit.
Le juge marocain peut rejeter tout document qui lui est soumis en langue étrangère. Visible dans la pratique judiciaire, cette règle trouvera une base dans la future loi portant organisation judiciaire du Royaume.
Adopté en décembre 2018 en deuxième lecture, le texte n’a pas encore été promulgué. Il n’entrera en vigueur que six mois après sa publication au bulletin officiel. Il consacre l’arabe en tant que « langue du contentieux, des plaidoiries et des jugements », et ce en attendant la mise en œuvre du caractère officiel de l’amazigh. Son article 14 dispose que « les documents et pièces sont présentés au tribunal en langue arabe ou accompagnés d’une traduction dans cette langue authentifiée par un traducteur assermenté, sauf décision contraire du tribunal.»
S’il pose une obligation de principe, cet article permet néanmoins au juge d’y déroger. Cette possibilité n’était pas prévue dans la version originelle du projet de loi. Soumise en 2016 au Parlement, celle-ci instaurait une obligation pure et simple. Ce qui avait suscité beaucoup d’inquiétude au sein de la communauté des juristes, surtout des affaires.
>>Lire aussi : Me Bassamat Fassi Fihri : « Si le projet de loi n°38-15 est adopté, les Marocains fuiront leur justice »
Le texte a donc été « adouci » lors de son passage à la Chambre des conseillers. Une telle disposition constituerait « une contrainte pour les justiciables, notamment devant la justice commerciale, dans des litiges impliquant des banques et des sociétés qui opèrent en langue française et quand le nombre de documents est important », avaient alors expliqué les auteurs de l’amendement, préférant se rabattre « au pouvoir d’interprétation du tribunal ».  Celui-ci peut ainsi décider au cas par cas quel document, voire quelle partie du document traduire.
En ce sens, cette nouvelle loi n’apporte rien de nouveau, sinon une reconnaissance légale d’une pratique déjà en vigueur. Daté de 1992, « un arrêt de la Cour suprême – devenue Cour de cassation – estime qu’il n’est pas nécessaire de recourir au traducteur assermenté pour traduire une pièce dès lors que le juge en assimile le contenu », observe Me Mounir Fouanani, avocat au barreau de Rabat.

Mais même tempéré, l’article 14 ne rassure pas. « Il peut donner lieu à des situations de blocage. Aujourd’hui, l’essentiel des contrats bancaires sont rédigés en français. Il arrive qu’un avocat dépose 80 requêtes introductives au nom ou contre des banques, chacune étant assortie d’un contrat en annexe », rappelle Me Founani.
Sa consœur gère actuellement un dossier à « 8 contrats, chacun contenant 5 avenants en plus des actes de cautions hypothécaires, des actes de nantissement et les nantissements de valeurs mobilières ». Ce qui fait plusieurs centaines de pages. « Comment s’organiser pour traduire toutes ces pages ? », s’interroge cette avocate d’affaires.
D’autant que les services d’un cabinet de traduction sont loin d’être abordables. La traduction en français d’un acte de mariage d’à peine une page peut atteindre 300 DH. Pour des dossiers juridiques complets, notre avocate avance le seuil de « 6.000 DH ». En plus d’être « chers », les tarifs ne semblent pas maitrisés et changent d’un cabinet à l’autre. A fin septembre 2018, ils étaient 340 traducteurs agréés près les juridictions. Ces auxiliaires de justice opèrent sous le contrôle du ministère public, conformément à la loi 55-00.
Que faire lorsqu’au volume des pièces, s’ajoutent leur technicité et leur urgence ?  Notre interlocutrice donne l’exemple de litiges ayant trait aux navires et aéronefs, plus précisément les cas de saisies conservatoires sur ces engins. Ces opérations nécessitent une ordonnance du tribunal qui doit généralement survenir dans un délai de 48H. Le constat s’applique à toutes les procédures en référé, urgentes par nature. Or, « pour la traduction d’un simple procès-verbal d’assemblée générale, il faut compter au moins trois semaines », déplore notre source.
De plus, la future loi n’est pas claire quant à la nature des documents et pièces devant être traduits. « Les relevés de comptes sont-ils également concernés ? », questionne cette avocate d’affaires. Si oui, bonne chance.
Par : Abdelali El Hourri
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Nouvelle carte judiciaire: les régions bientôt dotées de cours d'appel

Mettre en place une justice de proximité pour les citoyens est la priorité du ministre de la Justice Mohamed Aujjar, en accord avec le décret relatif à la carte judiciaire adopté par le Conseil de gouvernement fin 2017. Dans ce cadre, chacune des 75 provinces sera bientôt pourvue d’un Tribunal de Première Instance (TPI).

Au deuxième degré de juridiction, des cours d’appel seront mises en place dans les 12 régions, nous informe L’Économiste dans son édition du 10 janvier 2019. L’objectif du ministre est de finaliser la carte judiciaire avant la fin de son mandat, en 2020. Pour exemple, la cour d’appel de Guelmime, chef-lieu de la région Guelmime-Oued Noune, devrait ouvrir ses portes avant la fin de cette année.

Ces initiatives répondent aux nécessités du nouveau découpage administratif et régional, ainsi que du volume des activités judiciaires. Une autre nouveauté consiste en la promotion de 7 centres judiciaires provinciaux en TPI (Tinghir, El Hajeb, Biougra, Sidi Ifni, Mdiq, Jerada et Driouch).

Les centres judiciaires de Tiflet, Machraâ Belksiri, Bouznika, Souk Sebt Oulad Nemma et Targuiste sont aussi concernés par cette promotion, malgré l’absence de province et en raison d’un nombre élevé de litiges enregistrés. Tahanaout s’est vu également recevoir un nouveau TPI, sans l’existence préalable d’un centre judiciaire.

Propositions de loi: Le gouvernement arrête sa position

Le gouvernement a tenu une réunion destinée à arrêter sa position au sujet de 10 propositions de loi. A ce jour, 8 propositions de loi ont été approuvées par le Parlement et 4 autres approuvées par l’une des deux chambres du Parlement, outre 44 propositions de loi qui sont en cours d’examen au niveau des deux Chambres. Le gouvernement a, quant à lui, arrêté sa position au sujet de 86 propositions de loi, tandis que 29 autres sont en cours d’examen au niveau des départements ministériels et de la commission technique concernée.

S’agissant des 10 propositions présentées jeudi devant le Conseil de gouvernement, 2 ont été acceptées et 5 rejetées du fait qu’elles sont soit inscrites dans le domaine organique ou font déjà l’objet d’un projet en cours d’approbation, ou pour des raisons de financement. Le gouvernement a également décidé d’approfondir l’examen de trois autres propositions avant de les soumettre au prochain Conseil de gouvernement.

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Le Registre social unique pour fin 2019

La mise en œuvre du Registre social unique (RSU) débutera de manière progressive avant fin 2019 indique le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la société civile, Mustapha El Khalfi. Le projet de loi portant création du RSU, du Registre national de la population et de l’Agence nationale des registres se trouve dans ses dernières étapes d’élaboration. Le ministre délégué a fait état d’une phase transitoire qui marquera la mise en œuvre du RSU, lequel sera appliqué dans un premier temps dans une région précise.

Il a rappelé que le RSU se veut une réforme majeure destinée essentiellement au renforcement de la capacité de ciblage des catégories vulnérables et pauvres directement concernées par le soutien social. Un comité de pilotage présidé par le Chef du gouvernement œuvre à la mise en application de ce projet qui constitue une des principales réformes de cette année. .

Le ministre rajoute que des mesures d’urgence ont été prises, dont l’élargissement du programme Tayssir, qui bénéficie désormais à 2 millions d’enfants au lieu de 700.000, et l’accélération de la mise en œuvre du décret relatif à l’enregistrement des mères nécessiteuses, abandonnées sans être divorcées ou ayant des enfants en charge, comme c’est le cas des divorcées, tout en portant le soutien social à 1.400 dirhams.

 
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Nouveau cadre juridique pour les personnalités ayant contribué à l'enrichissement du répertoire culturel national

Un décret portant octroi de prix honorifiques aux personnalités ayant contribué à l’enrichissement du répertoire culturel national, a été publié récemment dans le Bulletin Officiel, indique le ministère de la Culture et de la Communication-département de la Culture. Ce décret paru au bulletin officiel n 6737 du 24 décembre 2018 stipule, dans son premier article, l’octroi par l’autorité gouvernementale chargée de la culture de prix honorifiques aux personnalités qui ont contribué à enrichir le patrimoine culturel national dans les différents domaines de la création, de la littérature et de l’art, précise le ministère dans un communiqué.
Il entend aussi récompenser les intellectuels et artistes marocains qui ont déployé des efforts importants au service de l’enrichissement des multiples facettes de la culture marocaine et de sa promotion à l’échelle nationale et internationale. En vertu de ce décret, une commission spéciale sera chargée de sélectionner les candidats aux prix, relève la même source, notant que la composition et le mode de travail de cette structure ainsi que les conditions et critères de sélection seront arrêtés par décision de l’autorité gouvernementale chargée de la culture. Les prix seront attribués dans le cadre de manifestations culturelles organisées et soutenues par le ministère de la Culture et de la Communication.
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Administration : Une banque de données juridiques en ligne voit le jour | L'Economiste

Le ministère de la Réforme de l’Administration et de la Fonction publique vient de mettre en place une banque de données juridiques en ligne. Cette base de données permet de diffuser des textes relatifs à la Fonction publique, outre de faciliter l’accès aux différents textes de la fonction publique qui réglementent les différentes catégories de fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales.
Il est accessible ici
 
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Profession de guide touristique: la loi n° 93.18 approuvé

Le Conseil de gouvernement, réuni jeudi à Rabat sous la présidence du chef du gouvernement, Saâd Dine El Otmani , a approuvé le projet de loi n° 93.18 modifiant la loi n° 05.12 sur l’organisation de la profession des guides touristiques.
Le projet de loi, présenté par le ministre du Tourisme, des Transports aériens, de l’Artisanat et de l’Economie sociale, vise à contribuer à la création d’emplois pour les jeunes dans le domaine en donnant aux personnes qui ont une expérience dans le secteur informel l’opportunité de s’intégrer au secteur structuré, valorisant ainsi leur expertise et leurs compétences, a indiqué le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la société civile, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, dans un communiqué lu à l’issue de la réunion hebdomadaire du Conseil.
Il a, en outre, expliqué que cela se fera par l’extension de deux à six ans de la période transitoire au cours de laquelle le statut des personnes ayant des compétences sur le terrain mais ne remplissant pas l’obligation de formation prévue par la loi sera régularisé, conformément aux modalités précisées par un texte réglementaire, en tenant compte des défis liés à la profession de guide touristique, surtout au volet de la qualité.
Ce projet s’inscrit dans le cadre des ateliers de réforme de la profession, qui ont abouti à la ratification de la loi relative à l’organisation de la profession de guide touristique susmentionnée, ainsi que de la mise en œuvre des Hautes instructions royales de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a précisé le ministre.
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Impôt sur la cession d'immeubles reçus en héritage: le PLF prévoit un retour à l'avant 2013

En cas de cession d’immeubles acquis par héritage, le prix d’acquisition retenu, tel que proposé dans le PLF 2018, correspondra à:
– la valeur vénale, au jour du décès du de cujus (personne dont la succession est ouverte), des immeubles inscrits sur l’inventaire dressé par les héritiers;
– A défaut,  la valeur vénale des immeubles au jour du décès du de cujus, qui est déclarée par le contribuable.
Si ce nouveau système d’évaluation entre en vigueur, l’impact fiscal  sera majeur. L’impact budgétaire également. Ce dernier est estimé, selon une source bien informée, à 170 MDH.

« Il s’agit de l’une des principales dispositions fiscales du projet de loi de Finances », commente notre source.
C’est donc la base même du calcul de la plus-value foncière qui sera revue de manière à ce que le prix d’achat, retenu par le fisc, corresponde à celui de l’inventaire et non au prix initial d’acquisition.
La différence est de taille. Un bien immobilier acquis par voie d’héritage après l’entrée en vigueur de la LF 2013 était imposé, en cas de cession, sur la base de son prix d’achat initial.
« Ce retour à la normale permettra une meilleure équité fiscale et évitera que les actuels héritiers payent pour une plus value générée bien avant la date d’héritage. Précédemment à la loi des Finances de 2013, c’est le prix déclaré au moment d’établir l’acte de filiation qui était retenu, avec une vérification du fisc, mais dès 2013, les choses se sont compliquées. Il fallait se référer au contrat d’achat, quitte à remonter jusqu’à l’arrière grand-père », explique Mohamed Chorfi, expert comptable.
« Il est certain que la direction des Impôts posera des conditions ou mettra en place des garde-fous pour limiter les cas d’abus. Certains héritiers au moment d’établir l’acte de filiation avaient tendance à gonfler les valeurs des biens hérités en prévision de leur revente ultérieure. Ils ne payaient alors que 1,5% de droits d’enregistrement sur les biens déclarés, contre une TPI de 20%. Le choix est vite fait », ajoute M.Chorfi.
« Nous avions demandé cette révision en 2013. Nous avions expliqué que la formule de calcul actuelle, lèse sensiblement les héritiers et porte atteinte à l’esprit même de l’héritage. Depuis qu’elle est entrée en vigueur, nous avons remarqué un ralentissement du marché foncier. La nouvelle disposition permettra certainement de le redynamiser », souligne un opérateur immobilier.
Par : Nabila Fathi
https://www.medias24.com/MAROC/ECONOMIE/ECONOMIE/177564-Impot-sur-la-cession-d-immeubles-recus-en-heritage.-Le-PLF-prevoit-un-retour-a-l-avant-2013.html

Prescription fiscale anticipée au profit des étrangers résidents au Maroc: les détails

Comme en 2013 et 2014, l’appellation de l’opération posera problème. S’agit-il d’une amnistie ou d’une prescription anticipée? Les Finances optent une nouvelle fois pour l’appellation impropre de « contribution libératoire ».
La contribution libératoire, c’est ce que l’assujetti va payer pour être libéré de ses obligations passées et à venir. C’est un montant, pas un concept, ni une mesure budgétaire ou fiscale.
Bref, cette année encore on parlera de contribution libératoire.
Cette fois-ci, le champ sera purement fiscal.
En 2013-2014, il s’agissait d’une mesure qui concernait les personnes physiques ou morales ayant commis une infraction à la réglementation des changes, en détenant des capitaux ou des biens à l’étranger. La cible étaient les résidents fiscaux au Maroc, qu’ils soient marocains ou étrangers.
A l’époque, le gouvernement avait plus ou moins pris l’engagement de ne pas poursuivre fiscalement ceux qui allaient souscrire à la contribution libératoire. L’engagement avait été pris oralement et, à demi-mot seulement, par écrit.
Cette fois-ci, la mesure est différente:
-elle concerne seulement les étrangers ayant comme domicile fiscal le Maroc.
-elle ne concerne pas l’infraction à la réglementation des changes, mais l’infraction fiscale.
Prenons un exemple: un citoyen français résidant au Maroc. Il doit payer des impôts sur ses profits ou avoirs. Il doit être en règle avec l’administration fiscale locale. Il doit pouvoir prouver à l’administration fiscale française qu’il est en règle au Maroc. Etant donné qu’il y a un accord de non-double imposition, être en règle avec le fisc marocain suffit.
Le PLF 2018 propose « d’instituer au profit des ressortissants étrangers résidents au Maroc, une contribution libératoire au titre des revenus et des profits générés par les avoirs et liquidités détenus à l’étranger par des personnes physiques résidentes de nationalité étrangère. Cette contribution qui porte sur la déclaration desdits revenus et profits au titre de l’année 2016 est calculée au taux de 10%« .
Le PLF 2018 propose une disposition d’amnistie fiscale anticipée au profit des étrangers résidant au Maroc et qui n’ont pas fait de déclaration de revenus. Le projet de texte se propose d’instituer une contribution libératoire »au titre des revenus et profits générés par les avoirs et liquidités détenus par les personnes physiques résidentes de nationalité étrangère ».
>Les personnes physiques ciblées:
Il est institué une contribution libératoire au titre des revenus et profits générés par les avoirs et liquidités détenus à l’étranger, avant le 1er janvier 2017, par les personnes physiques de nationalité étrangère ayant leur domicile fiscal au Maroc et qui sont en situation irrégulière vis-à-vis des obligations fiscales prévues par le code général des impôts, au titre desdits revenus et profits.
> Infractions fiscales concernées
Les infractions fiscales concernées par cette contribution sont celles régies par le code général des impôts et relatives au défaut de dépôt de déclaration des revenus, et profits se rapportant aux avoirs et liquidités détenus à l’étranger sous forme :
1°- de biens immeubles détenus sous quelque forme à l’étranger ;
2°- d’actifs financiers et de valeurs mobilières et autres titres de capital et de créances détenus à l’étranger ;
3°- d’avoirs liquides déposés dans des comptes ouverts auprès d’organismes financiers, d’organismes de crédit ou de banques situés à l’étranger.
> Périodes fiscales concernées
La contribution libératoire concerne la période antérieure à l’année 2017, pour laquelle les personnes physiques concernées doivent déposer une déclaration sur la base des revenus et profits réalisés au cours de l’année 2016 selon les conditions visées ci-dessous.
> Liquidation
La contribution est calculée sur la base des revenus et profits se rapportant aux avoirs et liquidités détenus à l’étranger sous les formes ci-dessus.
>Taux
Le taux de la contribution libératoire est fixé à 10% :

1) pour la plus-value nette réalisée à l’étranger suite aux cessions se rapportant aux biens immeubles et aux actifs financiers ;
2) pour les revenus nets acquis à l’étranger au titre des revenus générés par les biens immeubles et les actifs financiers;
3) pour le montant net des intérêts échus résultant des avoirs liquides détenus à l’étranger.
>Obligations de déclaration
Les personnes visées ci-dessus, peuvent bénéficier de la dispense du paiement des impôts et de la non application des sanctions au titre des infractions fiscales citées ci-dessus, sous réserve de déposer une déclaration rédigée sur ou d’après un imprimé modèle établi par l’administration, contre récépissé, à l’inspecteur des impôts du lieu de leur domicile fiscal ou de leur principal établissement, faisant ressortir le montant des revenus et profits générés par lesdits avoirs et liquidités détenus à l’étranger et comportant les renseignements suivants :
– nom, prénom et adresse du domicile fiscal du contribuable ou le lieu de situation de son principal établissement ;
– le numéro d’identification fiscale, le cas échéant ;
– la nature et la description des avoirs visés ci-dessus et leurs valeurs correspondantes ;
– les montants des avoirs liquides, ainsi que la valeur d’acquisition des biens immeubles et la valeur de souscription ou d’acquisition des actifs financiers et des valeurs mobilières et autres titres de capital ou de créances détenus à l’étranger ;
– le montant des revenus et profits générés par lesdits avoirs et liquidités détenus à l’étranger.
>Obligations de versement
Les personnes visées ci-dessus doivent verser spontanément au moment du dépôt de la déclaration ci-dessus, le montant de la contribution, selon le taux susvisé sur la base des revenus et profits réalisés au titre de l’année 2016.
Le montant de la contribution est versé auprès du receveur de l’administration fiscale du lieu de leur domicile fiscal ou du principal établissement sur la base d’un bordereau-avis de versement , établi en trois (3) exemplaires selon un imprimé modèle établi par l’administration, daté et signé par la partie versante et indiquant :
– nom, prénom et adresse du domicile fiscal du contribuable ou le lieu de situation de son principal établissement ;
– numéro d’identification fiscale, le cas échéant;
– la base de calcul de la contribution libératoire ;
– le montant de la contribution versée.
> Sanctions
Les personnes physiques concernées qui ne respectent pas les conditions et obligations prévues au paragraphe III ci-dessus, ne peuvent pas bénéficier des dispositions de la contribution et demeurent soumises aux dispositions de droit commun prévus par le code général des impôts.
> Dispositions diverses
– Durée d’application
Les personnes concernées disposent d’une période d’une année allant du 1erjanvier 2018 au 31 décembre 2018 pour souscrire la déclaration prévue ci-dessus, et verser le montant de la contribution libératoire au titre des revenus et profits précités.
– Effets du paiement de la contribution
Le paiement de la contribution selon le taux visé ci-dessus entraine l’acquittement de la personne concernée du paiement de l’impôt sur le revenu ainsi que des amendes, pénalités et majorations y afférentes au titre des sanctions pour infraction aux obligations de déclaration et de versement prévues par le code général des impôts , pour les années antérieures à 2017.
– Garanties
Les personnes ayant souscrit à la contribution libératoire disposent de la garantie du secret professionnel tel que prévu à l’article 246 du code général des impôts.
Les personnes concernées ont la faculté de se faire assister par un conseil de leur choix pour établir leurs déclarations.
Après paiement de la contribution libératoire susvisée, aucune poursuite administrative ou judiciaire en matière de législation fiscale ne peut être engagée à l’encontre des personnes concernées. https://www.medias24.com/MAROC/ECONOMIE/ECONOMIE/177538-Prescription-fiscale-anticipee-au-profit-des-etrangers-residents-au-Maroc-les-details.html

Projet de loi de finances/Hôtellerie: Exit les droits d'enregistrement

Le projet de loi de finances prévoit l’exonération des droits d’enregistrement en faveur des terrains nus achetés pour la construction d’hôtels. Dans le régime fiscal actuel, ces droits sont de 5%. L’objectif est d’encourager l’investissement hôtelier. Pour bénéficier de l’exonération, l’acquéreur doit s’engager à réaliser son projet dans un délai maximum de 5 ans à compter de la date d’achat du foncier.
Il doit également inscrire sur le bien une hypothèque de premier rang en faveur de l’Etat pour couvrir les droits d’enregistrement en cas de défaillance. L’investisseur doit aussi s’engager à conserver le terrain et l’établissement hôtelier ayant fait l’objet de l’exonération pendant une période de dix ans à partir de la date du début de l’exploitation.
La suppression des droits d’enregistrement sur toutes les procédures liées à l’investissement a souvent été réclamée par l’industrie hôtelière et la CGEM. Mais l’exonération des droits d’enregistrement sur les acquisitions de terrains destinés à la construction d’hôtels sera-t-elle suffisante pour relancer l’industrie touristique? «Je ne sais qui est derrière cette proposition, mais ce n’est pas une mesure qui va pousser les investisseurs à construire des hôtels.
A mon avis, il faut d’abord commencer par augmenter le taux d’occupation des établissements déjà construits, qui ne dépasse pas 40%, avant d’en construire de nouveaux», explique un industriel. Ce dernier explique que les droits d’enregistrement sur un terrain de 5 millions de DH, qui représente 5% d’un investissement hôtelier, sont à peine de 250.000 DH. Ce n’est pas dissuasif quand on veut investir 100 millions de DH. Pour cet industriel, la priorité est d’améliorer la rentabilité des hôtels déjà opérationnels. Ce qui passe par l’augmentation du budget de la promotion touristique.
Par :  Hassan EL ARIF http://www.leconomiste.com/article/1019112-projet-de-loi-de-finances-hotellerie-exit-les-droits-d-enregistrement